Archive pour la catégorie 'Parasha de la semaine'

La Parasha de la semaine : Kora’h

Vendredi 27 juin 2008

Dédié à l’élévation des âmes de Laurence Ruth Esther ‘Haya bat Sarah, Gérard ‘Haï ben Emma, Yves Eliahou ben Danielle Lévi. 

 

Kora’h, un être exceptionnel à bien des égards puisqu’il n’a pas peur de se mesurer à Moshé rabénou. Il l’a vu agir dans l’épisode des dix plaies d’Egypte, Il l’a vu à la l’ouverture de la mer et il l’a vu descendre du mont Sinaï avec les tables de la loi. Et pourtant il ne craint pas de s’opposer à lui. S’il accepte le défi que lui lance Moshé, en sachant qu’il risque sa vie, c’est parce qu’il est sûr et certain d’avoir raison. 

Revenons à l’histoire : Kora’h se sent lésé de ne pas se voir attribué de hautes fonctions par Moshé. Familialement parlant c’est son tour de recevoir un poste mais il ne sera qu’un lévi parmi tant d’autres. Comme nous l’avons dit il est exceptionnel, exceptionnellement riche et exceptionnellement intelligent. Il voit prophétiquement que sa descendance est promise à la grandeur et il ne comprend pas pourquoi il est mis à l’écart. 

On pourrait parler du gros défaut que représente la poursuite de la gloire et des honneurs mais il y a un autre point à coté duquel il ne faut pas passer et qui nous concerne peut-être plus que le précédent : c’est la capacité de l’être humain d’être sûr qu’il a raison, même lorsqu’il est opposé à plus sage que lui. 

Comparons le comportement de Kora’h au notre lorsque nous sommes en conflit avec quelqu’un. Kora’h réagit à la nomination « injuste » des proches de Moshé, c’est Moshé qui a commencé. Kora’h ne désire que ce qui lui revient de droit, pas plus. Enfin Kora’h dispose de faits qui prouvent qu’il a raison, il s’engage jusqu’au bout. 

C’est ce que chacun de nous ressent lorsqu’il se dispute : c’est l’autre qui a commencé, moi je ne cherche pas la guerre mais ce qu’il fait est injuste, je ne veux que ce qui me revient et j’ai les preuves que j’ai raison. Bien sûr je suis de bonne foi et j’irai jusqu’au bout car je ne me trompe pas. 

Et pourtant on se trompe… 

Le fait même d’être en guerre avec quelqu’un ou de lui en vouloir est le signe que l’on s’éloigne de la vérité car lorsqu’on introduit la volonté de D-ieu dans notre analyse de la situation, on arrive invariablement à la paix, même si les opinions divergent. Au lieu de voir l’autre comme le grand méchant loup on essaye de comprendre ce qu’il ressent et comment il en est arrivé à penser ou à se comporter comme il l’a fait. On communique. 

Rabbi Na’hman enseigne dans le Séfer Hamidot : quand il n’y a pas de vérité, il n’y a pas de paix. Celui qui aime se disputer traduit généralement cette phrase par : on ne fait pas la paix avec un menteur, bien sûr il est capable de dire qui est menteur et qui ne l’est pas…Il contredit le sens même de cet enseignement qui veut dire que lorsqu’on recherche vraiment la vérité, on arrive à la paix. 

La recherche de la vérité commence par l’acceptation de son ignorance. 

Rabbi Na’hman enseigne que l’une des principales épreuves de l’homme est d’accepter de mettre sa logique personnelle de côté lorsqu’il s’agit de la Torah et des sages d’Israël. La foi est un choix intellectuel qui consiste à avoir l’humilité d’accepter que nos raisonnements personnels sont très limités, une fois ce choix fait on peut commencer à utiliser son intelligence et à poser des questions, si on le fait avant ce n’est plus une question mais une remise en question, c’est l’erreur assurée. Une erreur qui nous entraîne à nous disputer sans arrêt parce que nous avons raison. 

Kora’h a payé le prix fort pour nous l’apprendre. 

 

SEFER HAMIDOT : L’ETUDE 

-Celui qui cherche à faire plaisir à son père et le réjouit aura l’envie d’étudier. 

-Celui qui innove dans la Torah donne de la joie à D-ieu. 

-Chaque connaissance des enseignements de Torah, que ce soit dans le domaine des relations entre l’homme et son prochain ou entre l’homme et D-ieu, est une réussite pour l’âme. 

-Celui qui étudie la nuit, la Présence Divine/ Chékhinah est en face de lui. 

-Chaque enseignement que l’on a étudié et dont on a été empêché de comprendre parfaitement le sens, on le comprendra dans le monde futur. 

-Celui qui étudie à voix haute rallonge ses jours et se souvient de ce qu’il apprend. 

-Celui qui dit : cet enseignement est beau et celui-là ne l’est pas, perd la richesse de la Torah. 

-La sanctification donne la binah/comprendre une chose à l’intérieur d’une autre. 

-D-ieu n’aime pas que l’on juge Israël défavorablement. 

-Il faut étudier même sans comprendre.

La Parasha de la semaine : Chéla’h Lékha

Vendredi 20 juin 2008

Dédiée à la réfoua chéléma de ‘Haya Léa bat Kokhava et de Myriam bat Fleha

La paracha de la semaine nous relate l’histoire des douze explorateurs qui partirent espionner la terre d’Israël avec pour mission de fournir des informations pour mieux la conquérir. Au lieu de cela, ils revinrent avec un compte-rendu désastreux à l’exception de deux d’entre eux, Yéhoshoua’ et Calev. Le peuple, responsable lui aussi dans la mesure où ils avaient demandé cette exploration au lieu d’avoir confiance en D-ieu, commença à se lamenter. Ils furent punis, mesure pour mesure, et ne rentrèrent pas en Israël. La conquête fut repoussée de 40 ans.

Le midrash nous raconte comment les dix explorateurs, tous princes d’Israël,  se concertèrent et décidèrent de décourager le peuple parce qu’ils avaient peur de perdre leur place une fois arrivés en terre sainte. Ils avaient perçu que cette terre était de nature à déstabiliser les acquis, les certitudes, la personnalité et même le rang social de l’individu. Une question se lève alors : ils étaient tous princes d’Israël, donc forcément des personnes au niveau spirituel très élevé, nos commentateurs n’ont pas peur d’affirmer qu’avant cette faute ils étaient tous des tsadikim. Il est donc étonnant d’imaginer des tsadikim en train de repousser la promesse divine de nous donner une terre parce qu’ils avaient peur de perdre leurs avantages sociaux…

Concentrons-nous un instant sur leur rapport. Ils reconnurent que la terre était incroyablement fertile et ils racontèrent aussi que les habitants étaient des géants, ce qui était vrai. Lors de leur exploration ils virent qu’une épidémie balayait les habitants qui étaient tellement occupés à enterrer leurs morts qu’ils ne les aperçurent quasiment pas, ils rapportèrent donc que c’était une « terre qui dévore ses habitants », ce qui était vrai. Leur conclusion fut néanmoins fausse : nous ne pourrons pas y arriver.

Eh oui, la vérité peut nous amener à tirer de fausses conclusions. Elle peut servir de preuve à toutes les erreurs et à tous les mensonges.

La paracha nous donne la clef de la réparation de la faute des explorateurs à sa fin. Elle nous conseille : « et vous n’irez pas/vélo tatourou après votre cœur et vos yeux ». Pourquoi le cœur précède-t-il les yeux ?

C’est pour nous apprendre que nos pensées profondes dont la place originelle se situe dans le cœur ont une répercussion directe sur la manière dont nous analysons le spectacle de la réalité avec nos yeux.

Lorsque le midrash enseigne que les explorateurs ne voulaient pas perdre leur place, il ne faut pas pour autant imaginer qu’ils se sont concertés froidement pour donner une fausse conclusion à leur avantage. Le midrash est là pour faire ressortir les pensées profondes enfouies au fond du cœur de ces dix princes d’Israël. Leur erreur fut de ne pas aller jusqu’au bout d’une introspection personnelle qui les aurait forcément amenés à découvrir en eux un combat intérieur entre leur intérêts personnels et la volonté de D-ieu. Ils firent un mauvais choix qui influença automatiquement la manière dont ils analysèrent la réalité. Mais il ne faut pas douter un seul instant qu’ils croyaient en ce qu’ils disaient.

Nous apprenons de cela qu’un individu doit faire un travail de fond dans la manière dont il pense car la pensée est créatrice. Rabbi Na’hman enseigne que celui qui utiliserait toutes ses forces pour penser à un projet, penser à la manière dont il se réalisera en détail, au point de ne plus rien ressentir d’autre et de même sentir qu’il irait jusqu’à donner sa vie pour cela, pourra le voir se concrétiser.

Comprenons donc que la réalité s‘habille forcément en fonction de la manière dont on pense. Les explorateurs, s’ils avaient bien pensé, auraient dû comprendre que l’épidémie était envoyée par D-ieu pour leur permettre d’explorer la terre sans être inquiétés. Et au contraire elle leur prouvait que D-ieu allait affaiblir leurs ennemis afin de les faire gagner encore plus facilement.

Lorsque nous avons un intérêt personnel, une envie que la réalité corrobore notre opinion, nous sommes capables de créer cette réalité. Telle est la puissance de la pensée : elle est créatrice. Nous l’affirmons tous les vendredis soirs dans le chant Lékha Dodi lorsque nous disons : « sof ma’assé bé ma’hashava té’hila/la pensée initiale se situe dans l’action finale ». Et nos sages ajoutent dans le Talmud : « là où un homme veut aller on le conduit ».

Par conséquent si le système de pensée qui occupe notre pensée est erroné, nous construirons une réalité erronée. Une réalité où la Torah ne me concerne pas et où D-ieu est absent, une réalité où l’argent est roi, une réalité où je ne vaux pas grand-chose etc…

Au lieu de croire que la réalité est objective, il faut savoir qu’elle n’est que le fruit de nos pensées, parlez avec dix personnes ayant assisté au même évènement, ils en auront tous eu une perception différente. Il nous semble alors que l’autre est de mauvaise foi alors qu’il est autant de bonne foi que nous puisque lui aussi a créé ses preuves.

Rabbi Na’hman enseigne que le combat pour la pureté et la vérité commence au niveau des pensées. Il faut beaucoup d’introspection, d’intelligence et de bonne foi pour remettre en question notre système de pensée (qu’o nous a généralement imposé) et adopter le seul qui nous connecte à la réalité authentique de la Présence Divine : celui de la Torah.

SEFER HAMIDOT : LA VUE
-L’œil ne peut voir que ce qu’on lui permet de voir. Même si un objet est en face de lui, il ne pourra le voir tant que le ciel n’aura pas donné son autorisation.
-La sanctification de la nouvelle lune améliore la vue.
-La récitation du Tikoun ‘Hatsot aussi.
-Le faux serment entraîne des douleurs aux yeux.
-Les faux dirigeants entraînent des douleurs aux yeux des gens du peuple qui les suivent.
-Lorsqu’un grand homme ressent des douleurs aux yeux, c’est parce que son enfant ou son élève a commis une faute.
-Celui qui ferme ses yeux afin de ne pas voir le mal, est sauvé des humiliations.
-Regarder l’éthrog est propice à la réparation de la vue.

La Parasha de la semaine : Behaalote’ha

Vendredi 13 juin 2008

Dédicace de Houmous : à la REFOUAH SHELEMA de Pinhas ben Eliahou

Dédié à la mémoire d’ YVES ELIAHOU BEN DANIEL ET GILBERT BENYAMIN LEVY et à la réfoua chéléma d’ALICE ALIZA BAT MAÏSSA et de MIREILLE TAÏTA BAT LALI LEA

Dans notre paracha, D-ieu demande à Moshé d’avertir son frère Aharon d’une mission qui lui revient : allumer les lumières de la ménorah. Le terme utilisé par la Torah est étonnant : « lorsque tu élèveras les lumières/béhaa’alotékha et hanérot», on aurait plutôt du dire : lorsque tu allumeras/béhadlikékha.

Rashi nous explique la raison de ce langage : la Torah a utilisé le terme « élèveras » pour nous apprendre qu’Aharon ne devait pas allumer la lumière par lui-même, il présentait la flamme à distance de la mèche et elle s’élevait toute seule.

Le secret de la vie est contenu dans cette action. D’un côté Aharon n’allume pas la mèche mais de l’autre s’il ne présente pas sa flamme la mèche ne s’allumera pas. En d’autres termes l’homme ne fait rien, c’est D-ieu qui fait tout, mais si l’homme n’agit pas il ne se passe rien du tout.

Lorsqu’on essaye de prendre des décisions, on se demande toujours quelle sera la part de l’intervention divine, jusqu’où on doit agir personnellement et dans quels domaines il faut  laisser D-ieu faire. On peut « simplifier » les choses en refusant ce paradoxe et choisir de vivre seulement un de ses aspects. Par exemple on peut décider que tout dépende de nous (même si on admet théoriquement que tout soit Sa volonté), on rentre alors dans le monde du la’hats/la pression. Dans ce monde les résultats dépendent de mes efforts, l’échec me remet en cause, l’homme est un loup pour l’homme et je n’ai pas le temps. Cela ressemble à Aharon essayant d’allumer la ménorah par lui-même.

L’autre simplification consiste à décider que tout, absolument tout, vienne de D-ieu et que l’homme ne fait rien. Cette erreur peut surtout concerner des personnes spirituellement engagées. On peut la constater dans le cas de familles n’ayant pas à manger et dont le mari se refuse de travailler pour la bonne raison que c’est D-ieu qui nourrit. Ceci s’appelle la déresponsabilisation et cela ressemble à Aharon ne présentant  pas de flamme devant la mèche car D-ieu allumera…

Dans l’enseignement 64 du Likoutey Moharan Rabbi Na’hman enseigne que D-ieu a du se retirer pour que le monde puisse exister, ceci est le concept dévoilé par le Ari Hakadosh : la contraction de la présence divine/tsimtsoum donnant lieu à l’émergence d’un espace vacant/’hallal hapanouy à l’intérieur duquel le monde peut se maintenir. Par conséquent pour que nous puissions exister D-ieu doit forcément être absent. Mais de l’autre côté nous dit Rabbi Na’hman rien ne peut subsister si D-ieu n’est pas présent. Et il rajoute que ce paradoxe est le fondement de la création mais qu’il ne pourra pas être compris avant les temps futurs/lé’atid lavo. Il ne peut s’appréhender que par la foi.

Ainsi nous sommes constamment en train de vivre la présence et l’absence de D-ieu (yèch vé aïn).

Cette présence/absence signifie aussi que tout est la volonté de D-ieu et qu’en même temps tout dépend de l’homme. Le libre-arbitre existe et il n’existe pas. Il n’y a rien à comprendre à ce stade de notre histoire, il faut simplement l’accepter et le vivre.

Comment ? En agissant comme Aharon qui présente sa flamme tout en sachant que ce n’est pas lui qui allume mais en comprenant aussi que si on n’agit pas, si on ne présente pas sa flamme rien ne se passera. Cet état d’esprit est le propre de la vraie sérénité.

Prenons comme exemple l’éducation des enfants. Combien de parents vivent-ils sous le stress permanent des moindres faits et gestes de leurs enfants avec la peur qu’ils tournent mal. Ils ne peuvent pas s’empêcher de transmettre cette pression à leurs enfants et ne les aident pas ainsi. D’autres abandonnent complètement leurs enfants à la rue et à l’école et ne les aident pas non plus. Le parent juif doit faire tout ce qu’il peut pour bien éduquer ses enfants et il doit savoir en même temps que le résultat ne dépend pas de lui. Au contraire plus on en est conscient et meilleurs sont les résultats car on donne à l’enfant ce dont il a le plus besoin : de l’amour sous forme de joie et de sérénité.

Finalement D-ieu a créé un système où nous ne pouvons rien faire sans Lui et où il ne peut rien faire sans nous. Ce n’est pas qu’Il ne puisse pas mais Il a décidé qu’il en serait ainsi. Nous sommes donc véritablement les associés du Créateur. Les sages nous disent : là où tu verras Sa grandeur, tu verras Son humilité. Vraiment nous avons un D-ieu merveilleux !

SEFER HAMIDOT : RA’HAMANOUT/COMPASSION
-Celui qui a pitié des pauvres méritera de voir les consolations de D-ieu.
-Il réussira aussi constamment.
-Le manque de compassion entraîne la famine.
-Il entraîne aussi la multiplication des vols.
-Celui qui prie avec force méritera d’avoir de la compassion pour les pauvres.
-Celui qui rend du bien contre le mal qu’on lui a fait allongera ses jours et ses années.
-Si tu vois ton frère dans la souffrance et que tu ne l’aides pas, c’est comme si tu l’avais fait souffrir.
-celui qui voit son prochain dans la souffrance doit prier pour lui et demander miséricorde.
-L’homme ne doit pas faire souffrir les animaux car cela lui nuira.
-le moyen d’enlever la tristesse est d’avoir de la compassion.

La Parasha de la semaine : Bé’houkotai

Vendredi 23 mai 2008

Dédié à la naissance de A’haron Na’hman Its’hak SAMUEL. Que D-ieu le protège et le fasse grandir dans la sainteté, la santé et le Chalom et qu’il rende ses parents fiers de lui, amen !

La paracha Bé’houkotaï est connue et redoutée pour son flot de malédictions. D-ieu nous enjoint de suivre Ses lois mais si nous ne sommes pas à la hauteur, les malédictions s’abattront sur nous D-ieu préserve. Il n’est pas facile d’accepter de telles menaces et surtout de croire après cela dans la bonté infinie d’Ha-shem. Et pourtant Sa bonté est réellement infinie, notre confusion provient du fait que nous sommes les victimes d’une conception erronée de la malédiction.

A plusieurs reprises dans la paracha D-ieu affirme que si nous allons avec lui « kéri » alors Lui aussi ira avec nous « kéri ». Essayons de comprendre ce mot et les concepts qu’il véhicule.

Dans le langage thoraïque kéri signifie le hasard (mikré). La perte séminale vaine/zéra lévatala est appelée elle aussi kéri. Quant à la traduction araméenne de ce mot par Onkélos, c’est kachiou/dur. Quel est le rapport qui relie le hasard, la perte séminale et la notion de dureté ?

Le hasard est l’antithèse de la providence divine/hashga’ha. Lorsqu’un homme n’applique pas la démarche qui consiste à rechercher le message divin à travers les évènements de sa vie/mikrim, il se coupe sans le savoir de la possibilité de profiter de cette providence. Toujours sans le savoir il vient de retirer à D-ieu la possibilité de lui parler clairement et d’exprimer Sa bonté de manière compréhensible. Il prend alors des décisions en fonction d’une analyse superficielle, en fonction du corps visible de la réalité. Et, l’erreur entraînant l’erreur, il tombe victime de la passion du corps et de ses conséquences (perte séminale).

Rabbi Na’hman enseigne : « Tous les manques de l’être humain, argent santé etc, proviennent de lui-même. Car la lumière d’Ha-shem se déverse constamment sur lui. Cependant à  cause de ses mauvaises actions l’homme crée un écran qui l’empêche de recevoir la lumière de D-ieu » (Likoutey Moharan 172). En d’autres termes la situation normale voulue par D-ieu est la bénédiction, Il l’envoie systématiquement.

Dans ce sens la malédiction est la création d’un écran qui nous empêche de recevoir la bénédiction, d’ailleurs Rachi commente le mot kéri en disant qu’il s’agit d’un langage d’empêchement/méni’a. Et de toutes les fautes qui contribuent à créer cet écran, à le densifier au point de parfois le rendre apparemment indestructible, l’émission séminale vaine est la pire de toutes. Car il s’agit de forces de vie qui au lieu de s’exprimer dans la sainteté vont renforcer nos pires ennemis, ceux qui nous font la vie dure/kachiou.

Il existe une sorte de pudeur mal placée qui fait que l’«on ne parle pas de ces choses là »…

Ecoutons Rabbi Nathan qui amène en passant la version de Rachi : « Tous les obstacles qui empêchent l’homme de se rapprocher de la sainteté proviennent essentiellement des pertes séminales vaines. C’est ce qu’explique Rashi lorsqu’il dit que le mot kéri correspond à un langage d’empêchement/méni’a. Car les malheurs du peuple d’Israël sont la conséquence de cette faute et notamment les énormes obstacles que sont nos ennemis et ceux qui nous détestent ».

Lorsqu’on a la vie dure, lorsqu’on a l’impression que chaque jour est le fruit d’un tirage au sort sur lequel on ne possède pas d’emprise, c’est le signe infaillible qu’il est temps de purifier ses pensées,  de faire attention aux endroits où l’on porte son regard et de sanctifier ses actions. Ceci afin de commencer à briser l’écran des malédictions et donner ainsi à D-ieu le plaisir de nous voir recevoir les bénédictions qu’Il nous octroie constamment.

En conclusion, il ne faut pas imaginer que D-ieu est en train de nous surveiller pour donner des bonbons lorsqu’on est gentil et des claques lorsqu’on est méchant. Sa relation avec nous n’est pas basée sur un amour conditionnel, à l’instar d’un couple qui se respecte lorsque chacun respecte les accords de cessez-le-feu mais qui se déchire au moindre faux pas. Non, Son amour est inconditionnel, Il l’exprime perpétuellement et nous donne les moyens d’en profiter : ce sont Ses lois. S’en écarter revient à rejeter Sa bonté et vivre sans Lui, c’est ce qu’on appelle la malédiction. La bénédiction c’est simplement ne pas s’empêcher de recevoir.

SEFER HAMIDOT : LA PRIERE
-Il faut prier pour le bien collectif, même s’il contredit notre intérêt personnel
-Celui qui s’efforce de prier à la synagogue, c’est comme s’il amène une offrande pure.
-Celui qui utilise la flatterie, sa prière n’est pas écoutée.
-La prière de l’autre est plus forte que la prière pour soi. Même un tsadik a besoin que les autres prient pour lui.
-Celui qui contient ses mauvais traits de caractère, sa prière est écoutée.
-Avec la prière on peut changer sa destinée.
-La prière à haute voix procure sensation et mouvement aux membres du corps.
-Avant de prier il faut donner la tsédaka à deux mains et s’attacher aux justes de la génération.
-Celui qui a une synagogue et n’y rentre pas pour prier provoque l’exil de ses enfants.
-Pendant la prière il faut tendre ses mains comme si l’on reçoit quelque chose.

La Parasha de la semaine : Emor

Vendredi 9 mai 2008

Pas reçu l’habituel Dvar Torah, mais j’ai une surprise : le site du Rav Ron Chaya vient de sortir sous sa nouvelle version, et semble en plus contenir une petit Dvar Torah sur la Parasha de la semaine. Leava, ou le judaïsme sans concession :-) 

LE YÉTSER HÉRITÉ 

“Et si la fille d’un prêtre se déshonore par la prostitution, c’est son père qu’elle déshonore : elle mourra par le feu.” (Vayikra (21,9)  Parmi les Reshaïm – les gens « mauvais », il y a ceux dont le caractère « mauvais » est inné – pour ainsi dire transmis à travers les gènes, et ceux dont le côté « mauvais » provient d’un éloignement par rapport au bon chemin – lequel est dû à l’influence du mauvais penchant. On sait que la façon d’agir du Yétser Ha-Ra n’est pas brutale : s’il attaquait l’homme frontalement, il ne serait tout simplement pas écouté. Au contraire, il agit insidieusement en poussant l’homme à commettre des fautes légères pour, petit à petit, l’entraîner à en faire de plus graves, comme nous l’enseignent nos Sages : « Ainsi agit le Yétser Ha-Ra : aujourd’hui, il dit à l’homme : fais comme ci, le lendemain : fais comme cela, et à la fin : pratique l’idolâtrie ! ». 

En revanche, celui dont le mauvais comportement est « hérité » de ses parents, sera naturellement enclin à commettre des fautes graves car, chez lui, le Yétser Ha-Ra n’a pas besoin de « ruser ».

C’est pourquoi la Torah déclare : « Et si la fille de quelque prêtre se déshonore par la prostitution…» : si d’emblée, elle est capable de commettre une telle faute, ce sont donc les forces du mal héritées de ses parents qui ont agi sur elle. Par conséquent : « c’est son père qu’elle déshonore…», dans le sens où : elle est le révélateur de la véritable nature de son père. (IMRE SHEFER) 

Tiré du livre “Le repas du Roi” de Moshé PELL.  Pour vous rendre sur le nouveau site du Rav, cliquez sur l’image ci-dessous :

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La Parasha de la semaine : Kedoshim

Vendredi 2 mai 2008

Dédié à la réfoua chéléma du Rav Mordéchai Eliahou, du Rav Chalom Yossef Elyachiv et du futur maire de Raanana Israël ben Kouka 

 

« Véahavta léré’akha camokha/tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Vayikra 19-18) 

 

Rabbi Nathan enseigne : 

« Toute la création est emplie de nits’honot/volontés de vaincre. 

 

Tout a été créé à partir de quatre fondements : le feu, l’eau, l’air et la terre et les créatures se situent à quatre niveaux d’existence : le minéral, le végétal, l’animal et l’humain. Et toutes sont contradictoires, l’un est chaud, l’autre froid, l’un est humide, l’autre sec. Chacun des fondements s’efforce de ne pas être annulé par l’autre comme le feu pour ne pas être éteint par l’eau ou l’eau pour ne pas disparaître à cause du feu. 

 

Néanmoins il ne faut pas qu’un fondement soit complètement détruit par l’autre. Si le feu disparaissait, les créatures n’auraient plus de chaleur et mourraient, si l’eau s’asséchait elles mourraient aussi. Il s’avère que si l’un arrivait à vaincre l’autre, il se vaincrait lui aussi à cause de la perte de l’équilibre. 

 

Tout cela provient de la manière dont Ha-shem a créé le monde. 

 

Ha-shem ne créa ce monde que pour la sainte volonté de vaincre ou, en d’autres termes, pour l’utilisation du libre-arbitre. Car le libre-arbitre doit vaincre toutes les attirances qui essayent d’empêcher le juif de prendre le chemin de la vraie vie. Et puisque le libre-arbitre est la source et la raison d’être de la création, D-ieu créa le monde à partir de configurations contradictoires, s’opposant les unes aux autres (permettant ainsi l’utilisation du libre-arbitre). Néanmoins la création ne se maintient que lorsque les volontés de vaincre sont en phase avec celle du Créateur, selon l’équilibre qu’Il leur a choisi. 

 

De cela l’être humain doit apprendre que même s’il doit toute sa vie avoir une grande volonté de vaincre, cette dernière doit être authentique, c’est-à-dire rattachée à la volonté divine, afin que le monde se maintienne. Car il existe une volonté de vaincre mensongère, destructrice, qui ne désire que la gloire et/ou les passions malsaines. 

 

Même s’il lui semble que sa volonté de vaincre soit authentique, l’être humain doit veiller à ne pas détruire le monde à cause d’elle (sous prétexte qu’il a raison et qu’il détient la vérité) car pour D-ieu la dispute est haïe et la paix est une grande chose. Ainsi on se doit d’éliminer au maximum les situations conflictuelles même si on est persuadé d’agir au nom du ciel. 

A plus forte raison doit-on s’introspecter afin de déterminer si l’on agit vraiment de manière désintéressée (si ce n’est pas parce que notre honneur, notre nom ou nos intérêts sont remis en question que l’on décide de se disputer, sous le prétexte d’une juste cause), au fond de lui notre cœur le sait. 

 

Car l’amour entre juifs est une chose extrêmement précieuse comme l’enseignent les sages à partir du verset véahavta léré’akha camokha/tu aimeras ton prochain comme toi-même : c’est un principe essentiel de la Torah. 

 

Chaque être humain a des opinions différentes de celles des autres, c’est parce que sa structure fondamentale (la répartition des quatre éléments dont il est composé) est différente. Chez l’un tel fondement est plus présent, il possède alors un trait de caractère plus prononcé qu’autrui et est naturellement attiré par les opinions proches de son trait de caractère tandis que son prochain a une structure fondamentale contraire (donc des traits de caractères et des opinions extrêmement différentes des siennes). 

 

Dans le domaine de la sainteté, il faut être audacieux comme le léopard pour servir D-ieu et ne pas se laisser vaincre par quiconque voudrait nous en empêcher. Néanmoins cette volonté de vaincre ne doit pas être extrémiste, au point où on n’aimerait pas celui qui ne se comporte pas comme nous. Il faut agir identiquement avec chaque juif en le regardant d’un bon œil et en s’efforçant de lui trouver l’aspect positif qui nous permettra de l’aimer. 

 

Celui qui applique cette démarche pourra recevoir de chaque personne qu’il rencontrera de bonnes idées pour s’approcher de D-ieu comme l’ont dit les sages : de tous ceux qui m’ont enseigné j’ai appris. 

 

Il pourra recevoir ce que l’autre a à donner car il ne craindra pas que celui-ci le repousse de la vérité, étant donné qu’il a une forte volonté de vaincre, c’est-à-dire qu’il est convaincu de ses opinions et du chemin qu’il a choisi. Il l’aimera et ne le regardera pas négativement même s’il ne pense pas comme lui, car il est bien possible que du ciel on ait décidé qu’ils doivent faire un bout de chemin ensemble » (likoutey halakhot, bircat haréhiya 5-6). 

 

SEFER HAMIDOT : LE CONFLIT 

-Celui qui poursuit son prochain, D-ieu lui envoie des problèmes afin qu’il oublie de le poursuivre. 

-Regarder régulièrement le ciel annule la haine des ennemis. 

-celui qui veut toujours avoir raison perd la mémoire. 

-Généralement les dépravés s’opposent aux tsadikim. 

-deux personnes en conflit qui vont se faire juger devant un dirigeant idolâtre, seront frappées par une plaie qui n’a pas de guérison. 

-Celui qui fait dévier son prochain du droit chemin n’aura pas la force de se lever contre ses ennemis en temps de guerre. 

-Celui qui reconnaît ses fautes annule les mauvaises intentions de ses ennemis. 

-Celui qui se dispute fréquemment, c’est une chose connue qu’il aime fauter. 

-Celui qui rend visite aux malades, D-ieu ne le fait pas tomber entre les mains de ses ennemis. 

-Grâce à l’étude de la Torah, tes ennemis feront marche arrière. 

La Parasha de la semaine : Metsorah

Vendredi 11 avril 2008

Dédiée à la réfoua chéléma de Shlomo Naftali ben Guila

Le thème essentiel de la paracha de la semaine dernière : le lépreux/metsorah, personne affectée par la lèpre/tsaraat, continue à être traité dans notre paracha de cette semaine.

En résumé, une personne qui voyait une tache blanchâtre apparaître sur sa peau devait la montrer au prêtre/kohen. Après un processus de vérification, le kohen pouvait constater s’il s’agissait ou pas de la tsaraat.

Le metsorah devait alors s’isoler à l’extérieur du camp avec une écharpe recouvrant sa bouche et devait crier « impur, impur » aux personnes qu’il croisait afin qu’elles ne soient pas rendues elles-mêmes impures en s’approchant trop près de lui.

En vérité, traduire la tsaraat par lèpre est une erreur. En voici quelques preuves.

Premièrement, lorsqu’un individu était infecté, le kohen faisait sortir de sa maison tous les vêtements et ustensiles et ensuite le déclarait impur/tamé afin que les vêtements et ustensiles ne deviennent pas eux-mêmes impurs car s’ils étaient restés à l’intérieur de la maison durant la déclaration ils le seraient devenus. Deuxièmement, pendant les trois fêtes de Pessa’h, Chavouot et Souccot, le kohen évitait de venir vérifier la tache afin de ne pas avoir à le déclarer impur lors d’un moment de joie.

Mais s’il était lépreux, comment retarder son isolement ? Et pourquoi les vêtements et les ustensiles évacués de la maison restaient-ils purs alors qu’ils avaient été de fait en contact avec le metsorah ?

Réponse : le lépreux ne devenait impur que lorsque le kohen le déclarait oralement, pas avant.

Telle était la première leçon du metsorah : le pouvoir de la parole. La tsaraat n’était pas une maladie normale mais essentiellement le résultat d’une faute concernant la parole: la médisance/lachone ara.il devait comprendre à quel point on pouvait détruire avec des mots et à quel point il aurait du se taire. C’est la raison pour laquelle il portait une écharpe devant la bouche durant son isolement.

Le ‘Hafets ‘Haïm enseigne que D-ieu déteste le lachone ara. En effet lorsqu’on dit du mal sur quelqu’un, il est accusé devant D-ieu avec les propres mots de notre lachone ara. D’où l’expression al tifta’h pé la satan/n’ouvre pas la bouche de l’accusateur. Et D-ieu est obligé d’écouter cette accusation et de punir celui sur qui on a dit du mal. Le Créateur connait bien évidemment toutes les actions de l’homme mais Il préfère lui donner une chance et attendre qu’il se repente. Néanmoins il ne peut plus faire semblant de ne pas voir lorsqu’on Le confronte avec les fautes d’autrui et Il devient, si l’on peut dire, obligé de punir le fauteur. C’est la raison pour laquelle D-ieu déteste le lachone ara.

Cette faute est tellement importante que le deuxième temple a été détruit à cause d’elle et qu’il n’est toujours pas reconstruit aussi à cause d’elle. Et pour bien la cerner il faut savoir qu’elle consiste à dire LA VERITE sur quelqu’un, sinon il est bien évident que l’accusateur ne pourrait accuser devant D-ieu sur la base de mensonges.

En d’autres termes nous ne sommes pas en exil à cause du mensonge mais à cause de LA VERITE. Et non seulement l’exil collectif mais aussi l’exil individuel de chacun. L’exil personnel, c’est-à-dire l’éloignement de D-ieu, est du à la vérité d’un lachone ara qui nous donne de « bonnes raisons » de ne pas changer : tu es tellement loin, tu as tellement fauté, les autres vont se moquer de toi etc. De vrais arguments…

La vérité du lachone ara est basée sur l’aspect extérieur de la réalité. On ne juge l’autre que sur ce qu’il fait et pas sur ce qu’il est. La plupart d’entre nous avons déjà triché et menti en nous donnant de bonnes raisons. Est-ce pour autant qu’on puisse nous définir comme des tricheurs et des menteurs ? Ce qui est vrai pour moi est aussi vrai pour les autres. Et sans justifier le mal fait par autrui, on se doit de rechercher des circonstances atténuantes comme le disent nos sages : tu jugeras ton prochain favorablement. Et si on n’en est pas capable parce que ses fautes nous semblent trop importantes alors retenons-nous de juger, de médire et de haïr, comme l’ont aussi dit nos sages : ne juges personne tant que tu n’es pas capable de te mettre à sa place.

Rabbi Na’hman enseigne : « L’homme d’Israël doit toujours regarder et s’attacher personnellement à l’intelligence et à la sagesse de chaque chose afin d’être éclairé par l’intelligence contenue dans cette chose et s’approcher de Dieu grâce à elle. Car l’intelligence est une grande lumière qui éclaire l’homme dans tous ses chemins ainsi qu’il est écrit : la sagesse de l’homme éclairera son visage » (Likoutey Moharan 1, premier tome). En d’autres termes la vie n’a pas de véritable sens lorsqu’on s’arrête à l’aspect extérieur de la réalité (le corps), ce sens n’apparait que lorsqu’on recherche la raison d’être divine (l’âme) de chaque chose.

Le lachone ara provient d’une analyse superficielle de la réalité, c’est la raison pour laquelle le metsorah est touché sur la partie superficielle de son être : la peau. Et parce qu’il n’a pas su rechercher l’intériorité positive propre à autrui, il se voit repoussé à l’extérieur du camp en attendant qu’il médite et se repente.

Une fois une personne se présenta devant Rabbi Na’hman en se plaignant de ne pas avoir d’enthousiasme pour étudier la Torah. Rabénou lui répondit :
Il y a 600 000 âmes essentielles dans le peuple d’Israël et il y a 600 000 lettres dans la Torah. Lorsqu’une lettre du séfer Torah est mal écrite, c’est tout le séfer Torah qui est disqualifié. De la même manière, lorsqu’on dit du mal sur un juif, c’est tout le peuple juif qu’on disqualifie (cette personne devait comprendre par là qu’elle ne pouvait pas avoir envie d’étudier si elle disait du lachone ara).

Arrêtons une fois pour toute de dire du mal sur les autres, même si c’est la vérité, surtout lorsque c’est la vérité. Et si une personne nous dit du mal d’autrui répondons-lui que nous n’acceptons pas le lachone ara.

Ainsi l’accusateur pourra accuser tant qu’il voudra, D-ieu lui répondra avec nos propres mots qu’Il n’accepte pas Lui non plus le lachone ara.

LIKOUTEY  ‘ETSOT : HIT’HAZKOUT/SE RENFORCER
La grandeur essentielle de D-ieu est constituée par le fait que les juifs extrêmement éloignés se rapprochent de Lui  et commencent à Le servir. Grâce à cela le nom de D-ieu est élevé et valorisé en haut et en bas. Par conséquent il n’y a pas de raison de se décourager de s’approcher de D-ieu, même si l’on faute énormément et que nos péchés soient innombrables. Au contraire, c’est précisément grâce aux juifs éloignés que la gloire divine est la plus élevée, encensée et grandie. Et il faut aussi savoir que le rapprochement vers Ha-shem a essentiellement lieu grâce aux tsadikim de la génération.

La Parasha de la semaine : Tazria

Vendredi 4 avril 2008

Dédiée à la libération de Guilad Shalit, Ehud Goldwasser et Eldad Réguev.

COMPRENDRE L’ORGUEIL

La paracha de la semaine dernière nous a enseigné les lois de pureté et d’impureté concernant les animaux. La paracha de cette semaine nous parle des lois de pureté et d’impureté concernant les hommes. Cet ordre n’est bien sûr pas un hasard.

Rachi commente : « Rabbi Simlaï a dit : de même que la création de l’homme a eue lieu après celle des animaux, la loi (concernant la pureté et l’impureté humaines) a été expliquée après celle des animaux ».

A ce sujet écoutons Rabbi Nathan : « Il n’est possible de comprendre la Torah, de servir D-ieu, de se repentir et de faire des bonnes actions, que si l’on brise son orgueil et son esprit hautain. C’est la raison pour laquelle l’homme est apparu après l’animal (afin qu’il se rappelle que même les animaux l’ont devancé). Et les sages enseignent : l’homme a été créé en dernier afin de profiter immédiatement du repas. Mais s’il s’enorgueillit ils diront de lui : une mouche (vaut mieux que toi car elle) a été créée avant toi.

C’est-à-dire que l’homme n’a été créé que pour s’occuper de Torah et servir D-ieu tous les jours de sa vie. C’est pourquoi il est apparu en dernier, afin que ses moyens de subsistance soient prêts devant lui et que son esprit soit libre de connaître la grandeur de D-ieu. Ainsi tout fut créé avant pour l’homme que D-ieu forma le sixième jour, un peu avant Chabat, afin qu’il puisse profiter directement du repas de Chabat, le repas des tsadikim, c’est-à-dire servir D-ieu sans être perturbé par des considérations extérieures comme c’est le cas à Chabat. C’est ce qui aurait du se passer si Adam avait obéi à D-ieu » (Likoutey halakhot, orla 5-19).

Nous sommes donc confrontés à l’alternative suivante : rabaisse-toi et tu verras que tout n’a  été créé que pour toi, ou prends-toi pour quelqu’un et tu ne vaudras pas mieux qu’une mouche, sans compter que tu perds le bon repas. C’est-à-dire une vie facile où tu peux te consacrer exclusivement à servir D-ieu sans angoisse de parnassa.

Paradoxal non ?

Si je me considère moins qu’une mouche j’ai droit à tout mais si je crois que tout m’est du on me fera comprendre que je ne vaux pas mieux qu’une mouche…

Il faut comprendre ce qu’est l’orgueil. Les sages enseignent au sujet de l’orgueilleux : D-ieu dit : Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit. Une mauvaise interprétation de cet enseignement nous ferait dire que D-ieu ne supporte pas les orgueilleux, si c’était vrai Il ne devrait pas en supporter beaucoup dans le monde, ce qui contredit l’amour infini qu’Il éprouve envers chacun de nous.

Non, il faut comprendre de là que l’orgueil est un comportement qui provient, à sa racine, du fait qu’on ne croit pas que D-ieu soit avec nous, la conséquence de cette croyance est qu’on L’empêche alors vraiment d’être avec nous et donc Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit.

Par exemple la tristesse c’est de l’orgueil  puisqu’elle est la résultante de l’oubli que D-ieu est avec nous et du fait qu’on se sente abandonné. Le problème est qu’à cause de cela on L’empêche de nous secourir car, encore une fois, Moi et lui ne pouvons pas rester au même endroit.

La  véritable estime de soi ne peut se construire qu’en développant le potentiel que D-ieu a placé en moi, c’est-à-dire en dévoilant Sa présence. Or l’orgueil est le symbole de Son « absence ».

Allons plus loin : l’orgueil d’un individu est la preuve claire qu’au fond de lui, il ne se considère pas comme grand-chose. Alors il essaye de combler son manque en devenant riche, intelligent, musclé ou connu parce qu’il ne veut plus souffrir de cette voix intérieure qui lui dit : tu ne vaux pas mieux qu’une mouche. Et lorsqu’il réussit il est fier mais la preuve qu’il ne s’estime pas du tout est qu’il devient le plus misérable de tous s’il perd son argent, sa célébrité, ses muscles ou sa réputation.

Si je me sens quelqu’un lorsque je réussis quelque chose ou nul lorsque je rate, je suis un orgueilleux. Si je sais que D-ieu est avec moi et que sans Lui rien n’est possible, je suis humble. Et je peux même dire comme Moshé Rabénou que je suis le plus humble de tous les hommes, comme Yossef hatsadik que je détiens la vérité par rapport à mes frères et comme Rabbi Chimon Bar Yo’haï que s’il n’y a qu’un individu qui a de la valeur dans ce monde, c’est moi.

Il faut revoir nos définitions de l’orgueil et de l’humilité.

Finalement on comprend maintenant ce qu’ont dit nos sages. Lorsqu’on a l’humilité de croire que D-ieu est là et que sans Lui on n’est rien (en termes péjoratifs cela s’appelle se rabaisser/chiflout) alors on peut bénéficier du repas que D-ieu a préparé pour nous et vivre que le monde entier n’a été créé que pour moi. Mais si on absente D-ieu de notre vie on devient moins qu’une mouche et les autres ne manqueront pas de nous le rappeler (ça les rassure parce qu’eux-mêmes ressentent la même chose).

Bon alors commençons à y croire : D-ieu est avec nous !

PETIT CONSEIL
Ce Chabat est Rosh ‘hodesh nissan, le nouvel an des rois. On l’appelle ainsi parce qu’à partir du premier Nissan on décomptait les années de règne des rois d’Israël.
Chaque jour de l’an un jugement a lieu, c’est-à-dire la décision des bénédictions qui vont accompagner l’année. A Rosh hashana on décide de la vie, de la santé et de la parnassa des êtres humains. Au nouvel an des arbres (Toubishvat) on décide de la production agricole en général et de la vie de chaque élément végétal en particulier.
Que décide-t-on au nouvel an des rois ?
Rabbi Na’hman nous l’enseigne. En ce jour D-ieu décide la royauté de chaque individu.
Par royauté il faut entendre la capacité d’avoir de l’influence dans son entourage. Alors il conviendra de prier en ce jour pour demander à D-ieu de nous donner beaucoup de royauté, de la royauté de sainteté bien sûr, grâce à laquelle nous pourrons être de bons soldats du Créateur pour dévoiler Sa présence sur terre.

La Parasha de la semaine : Chemini

Vendredi 28 mars 2008

Dédiée à la hatsla’ha de Eliahou ben Israël Chalom, par le Rav E. Haviv.

Notre paracha parle des animaux purs et impurs.

Si on pouvait faire un croquis représentant la pureté et l’impureté, on tracerait un cercle et trois autres cercles autours. L’intérieur du premier cercle représente le monde de la pureté totale, le mal n’y a pas de place. Le tracé du premier cercle est appelé klipat nogah/écorce lumineuse. L’écorce représente le négatif tandis que la lumière est le symbole du positif. Ainsi lorsqu’on parle de klipat nogah on fait allusion au mélange du bien et du mal avec la possibilité de trier le bien ou de choisir le mal. A l’extérieur de ce tracé les trois autres cercles représentent des écorces de plus en plus impures.

Rabbi Nathan enseigne que les animaux kashers relèvent de la klipat nogah c’est-à-dire qu’on peut les ramener à l’intérieur du cercle ou, en d’autres termes, trier le bien qui s’y trouve. Ce tri a lieu grâce à l’abattage rituel et au processus de kashérisation de la bête, mais il n’est complet que lorsque nous récitons la bénédiction correspondante à la consommation de la viande.

Petit retour en arrière. Lorsqu’un homme faute, il dégrade l’état spirituel de l’humanité en général et de son âme en particulier. Cette dégradation s’exprime par le fait que des étincelles de sainteté relevant du domaine de l’âme  chutent et se retrouvent prisonnières dans la matière. Ainsi des fragments d’âmes appartenant à l’homme peuvent se retrouver enfermés dans un minéral, un végétal et un animal.

Petit exemple classique : des étincelles de sainteté sont enfermées dans une source d’eau (monde minéral) qui abreuve une surface herbeuse (monde végétal) qui sert de nourriture à une vache (monde animal). La dernière étape de ce tri dépend de l’être humain que les sages qualifient de médaber/être parlant, lorsqu’ils consomment l’animal. S’il mange comme un juif, il fait passer l’âme du monde de la klipat nogah à celui de la pureté totale.

Mais tant que les  étincelles ne sont pas arrivées chez l’être humain, elles n’ont pas réintégré le monde de la pureté. C’est la raison pour laquelle les animaux kashers sont ruminants…
Mais quel rapport !?