«Et que D. te donne de la rosée du ciel, des graisses de la terre, du blé et du vin en abondance.» (BERECHIT 27,28)
La paracha Toledot nous raconte une partie de la vie de Isaac et de sa femme Rivka. Au début de la paracha, Rivka met au monde des jumeaux : Esaw et Yaaqov. Ces derniers sont complètement différents : Esaw est un chasseur, un guerrier ; Yaaqov est un homme de Torah.
Dans cette paracha, Yaaqov achète le droit d’aînesse qu’Esaw dédaigne et méprise. A la fin de Toledot, grâce à la clairvoyance de Rivka, Yaaqov obtient toutes les bénédictions de son père Yts’haq, la bénédiction sur l’aspect matériel, puis celle du spirituel.
Le verset en entête constitue le début des bénédictions qu’Yts’haq donne à Yaaqov. Dans ce verset la bénédiction est matérielle et même plutôt agricole.
Yts’haq promet « Tiroch » = du vin, en abondance. Mais d’où sait-on que Tiroch signifie le vin ? En général, on appelle cela Yayin ?
Heureusement, La Loi Orale, la Guemara nous éclaire même pour une simple question de vocabulaire.
Dans la guemara Yoma 76a et b, on évoque les interdits de YOM KIPOUR. Et la guemara dit que « boire » est un cas particulier de « manger ». En clair, dans les 5 interdits de YOM KIPOUR, si l’on compte « manger », et bien il est aussi interdit de boire… et ce n’est pas un 6è interdit.
Rich Laqich le prouve en citant un verset de la Torah « Et tu mangeras devant ton D. … le prélèvement de ta récolte, de ton vin (Tiroch) …. » Devarim (14,23).
On utilise le verbe « manger », pour une boisson, le vin, Rich Laqich a donc répondu à la question.
Mais la guemara demande un peu plus loin : D’où sait-on que Tiroch, c’est du vin ?
D’ailleurs dans la guemara Nedarim, l’on voit que celui qui fait le voeu de s’abstenir de consommer « Tiroch », alors, il n’a pas le droit de manger des douceurs comme des fruits (pommes, raisins, …) mais il a le droit de consommer du vin ?
La guemara ramène plusieurs sources pour prouver que Tiroch = Vin, mais alors pourquoi dans Nedarim Tiroch ne signifie pas « vin ».
Tout simplement parce que pour les vœux, on va d’après le langage courant … et à cette époque Tiroch = des douceurs. En revanche, dans la Torah Tiroch = Vin. Donc la bénédiction en entête, c’est bien de vin que l’on parle.
La guemara demande, pourquoi appelle-t-on le vin parfois Yayin et parfois Tiroch ?
Yayin est de la même racine que Yelala. Le vin apporte les plaintes et le malheur dans le monde.
Tiroch, parce que tout celui qui devient dépendant du vin devient pauvre = Tiheyé Rach.
Rav Cahana explique Tiroch de la façon suivante :
Si l’homme le consomme avec mesure, il devient une « tête » = Roch. En effet, le vin réjouit le coeur de l’homme. Et la joie aide pour mieux raisonner et acquérir la sagesse.
En revanche, continue Rav Cahana, si l’homme boit trop de vin, il devient pauvre = Rach.
Par Stéphane Haim COHEN D’après Guemara Yoma 76a et 76b Editions Sotenschtein