L’eau vecteur de paix au Moyent Orient ?

Par Liza Serfaty

Depuis le début des années 90, Israël et la Turquie ont entamé un rapprochement significatif. De relations diplomatiques « de voisinage », on est passé à une entente stratégique et à une importante coopération militaire et économique. Les accords de coopération signés entre les deux états en 1996 ont des conséquences géopolitiques sur l’ensemble moyen-oriental.

La Turquie est un pays très riche en eau (forte de 26 bassins fluviaux) et, à cet égard, il semble bien que l’objectif final d’Ankara soit de contraindre ses voisins à une dépendance hydraulique, inaugurant ainsi dans cette région un nouveau type de pouvoir géopolitique : le pouvoir de l’eau.

L’un des rares moyens pour Israël de faire face à sa pénurie d’eau est l’importation soit par bateaux aménagés (navires-citernes ou péniches), soit en traînant l’eau dans de gigantesques sacs en plastique ou en tissu derrière des remorqueurs. Suite à un accord signé en août 2002, la Turquie vend à Israël 50 millions de m³ d’eau douce - celle du fleuve Manavgat - par an, et ce pendant vingt ans. Le montant de l’opération s’élève à un milliard d’euros. Ce volume devrait satisfaire environ 5% des besoins de l’Etat hébreu.

Outre les techniques de dessalement, de forage de nouveau puits dans les nappes souterraines, d’importation de millions de m3 d’eau en provenance de la Turquie et de systèmes de réutilisation des eaux usées, Israël, la Jordanie et l’autorité palestinienne réalisent actuellement une étude sur la faisabilité d’un canal qui relierait la mer Rouge à la mer Morte. Ce canal aurait pour principal objectif de remonter le niveau de la mer Morte qui baisse dangereusement en raison des pompages excessifs de l’eau du Jourdain (la rivière alimentant la mer Morte). Le canal, qui serait construit du côté jordanien, suscite déjà quelques vives réactions.

Les années à venir laissent entrevoir une demande accrue en eau alors que l’offre tend à diminuer (années sèches, abaissement du niveau du lac de Tibériade, des nappes phréatiques). Les investissements massifs réalisés en ce moment en dessalements de l’eau de mer, les percées et l’extension des techniques en réutilisation des eaux usées (REU) sont une réponse très rationnelle à ce défi de l’eau. La convention des Nations Unies rappelle que « le droit de chacun à boire de l’eau est fondamental pour la vie et la santé. De l’eau potable et en quantité suffisante est un pré requis pour la réalisation des droits humains ». La consommation domestique d’eau potable en 2004 par habitant et par jour en Israël était de 130 litres d’eau. En France, il est question de 165 litre d’eau.  Il incombe à chaque citoyen du monde, ou qu’il se trouve sur le globe, de prendre conscience que certains petits changements au quotidien font les grandes différences !

La crise de l’eau est l’un des grands défis mondiaux à relever au quotidien. La question de l’approvisionnement en eau devient chaque jour plus préoccupante. Face à ce risque vital de pénurie, les rencontres internationales se multiplient pour tenter de développer une vision partagée de la gestion des ressources en eau et d’obtenir les engagements politiques nécessaires à la résolution de ce problème à l’échelle planétaire.                                  
L’eau, principe vital par excellence, ne pourrait-il pas devenir le prochain vecteur de la paix ?

Extrait d’un article paru dans le magazine Vision d’Israël.

8 réponses à “L’eau vecteur de paix au Moyent Orient ?”

  1. c.rahamim dit :

    Ben tu ne crois pas si bien dire, O Admin.
    L’eau figure beaucoup dans les textes, et dans les tehilim le Mashiah viendra avec une “maree haute”. Meme la creation du monde a commence avec de l’eau.

  2. jacqueline dit :

    exactement l ‘ eau est source de ce conflit pour le Golan !
    car cet un endroit strathégique étant en hauteur et plus possedant de l ‘ eau irrigué du Jourdain …
    sans eau pas d ‘ agriculture .et de verdure pas arbres..que de la terre sèche et des cailloux ..
    mais ne cèdons pas à la pression des palos , et virons le plus vite possible olmer2 , car il est décidé de tout leur donner

  3. c.rahamim dit :

    Jacqueline, le Jourdain n’arrose pas le Golan. Le Dan, le Snir, le yarmouch, le Keshet,et le Hermon qui est aussi une petite riviere… Ils se deversent dans le Jourdain et dans le lac de Tiberiade… Et le cours du Jourdain au sud du lac se termine dans la mer morte…

  4. jacqueline dit :

    je ne suis pas très doué en géo …mais le principal c ‘est que cette terre soit irriguer

  5. Halwa dit :

    Juste une question … Pourquoi y a-t-il un T à “moyen” ?

  6. jacqueline dit :

    Admin a fait une faute :)

  7. c.rahamim dit :

    Jacqueline vous avez raison, cette region est en effet bien irriguee.

  8. Marcoroz dit :

    “Admin a fait une faute”

    Et pourtant, Admin dispose d’un correcteur d’orthographe. La preuve, dans le texte de Frédéric Hutman sur Barenboïm, le néologisme “délégitimations” (action de délégitimer, au pluriel) est devenu “délégitimassions”… ;-)

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