La Parasha de la semaine : Chéla’h Lékha

Dédiée à la réfoua chéléma de ‘Haya Léa bat Kokhava et de Myriam bat Fleha

La paracha de la semaine nous relate l’histoire des douze explorateurs qui partirent espionner la terre d’Israël avec pour mission de fournir des informations pour mieux la conquérir. Au lieu de cela, ils revinrent avec un compte-rendu désastreux à l’exception de deux d’entre eux, Yéhoshoua’ et Calev. Le peuple, responsable lui aussi dans la mesure où ils avaient demandé cette exploration au lieu d’avoir confiance en D-ieu, commença à se lamenter. Ils furent punis, mesure pour mesure, et ne rentrèrent pas en Israël. La conquête fut repoussée de 40 ans.

Le midrash nous raconte comment les dix explorateurs, tous princes d’Israël,  se concertèrent et décidèrent de décourager le peuple parce qu’ils avaient peur de perdre leur place une fois arrivés en terre sainte. Ils avaient perçu que cette terre était de nature à déstabiliser les acquis, les certitudes, la personnalité et même le rang social de l’individu. Une question se lève alors : ils étaient tous princes d’Israël, donc forcément des personnes au niveau spirituel très élevé, nos commentateurs n’ont pas peur d’affirmer qu’avant cette faute ils étaient tous des tsadikim. Il est donc étonnant d’imaginer des tsadikim en train de repousser la promesse divine de nous donner une terre parce qu’ils avaient peur de perdre leurs avantages sociaux…

Concentrons-nous un instant sur leur rapport. Ils reconnurent que la terre était incroyablement fertile et ils racontèrent aussi que les habitants étaient des géants, ce qui était vrai. Lors de leur exploration ils virent qu’une épidémie balayait les habitants qui étaient tellement occupés à enterrer leurs morts qu’ils ne les aperçurent quasiment pas, ils rapportèrent donc que c’était une « terre qui dévore ses habitants », ce qui était vrai. Leur conclusion fut néanmoins fausse : nous ne pourrons pas y arriver.

Eh oui, la vérité peut nous amener à tirer de fausses conclusions. Elle peut servir de preuve à toutes les erreurs et à tous les mensonges.

La paracha nous donne la clef de la réparation de la faute des explorateurs à sa fin. Elle nous conseille : « et vous n’irez pas/vélo tatourou après votre cœur et vos yeux ». Pourquoi le cœur précède-t-il les yeux ?

C’est pour nous apprendre que nos pensées profondes dont la place originelle se situe dans le cœur ont une répercussion directe sur la manière dont nous analysons le spectacle de la réalité avec nos yeux.

Lorsque le midrash enseigne que les explorateurs ne voulaient pas perdre leur place, il ne faut pas pour autant imaginer qu’ils se sont concertés froidement pour donner une fausse conclusion à leur avantage. Le midrash est là pour faire ressortir les pensées profondes enfouies au fond du cœur de ces dix princes d’Israël. Leur erreur fut de ne pas aller jusqu’au bout d’une introspection personnelle qui les aurait forcément amenés à découvrir en eux un combat intérieur entre leur intérêts personnels et la volonté de D-ieu. Ils firent un mauvais choix qui influença automatiquement la manière dont ils analysèrent la réalité. Mais il ne faut pas douter un seul instant qu’ils croyaient en ce qu’ils disaient.

Nous apprenons de cela qu’un individu doit faire un travail de fond dans la manière dont il pense car la pensée est créatrice. Rabbi Na’hman enseigne que celui qui utiliserait toutes ses forces pour penser à un projet, penser à la manière dont il se réalisera en détail, au point de ne plus rien ressentir d’autre et de même sentir qu’il irait jusqu’à donner sa vie pour cela, pourra le voir se concrétiser.

Comprenons donc que la réalité s‘habille forcément en fonction de la manière dont on pense. Les explorateurs, s’ils avaient bien pensé, auraient dû comprendre que l’épidémie était envoyée par D-ieu pour leur permettre d’explorer la terre sans être inquiétés. Et au contraire elle leur prouvait que D-ieu allait affaiblir leurs ennemis afin de les faire gagner encore plus facilement.

Lorsque nous avons un intérêt personnel, une envie que la réalité corrobore notre opinion, nous sommes capables de créer cette réalité. Telle est la puissance de la pensée : elle est créatrice. Nous l’affirmons tous les vendredis soirs dans le chant Lékha Dodi lorsque nous disons : « sof ma’assé bé ma’hashava té’hila/la pensée initiale se situe dans l’action finale ». Et nos sages ajoutent dans le Talmud : « là où un homme veut aller on le conduit ».

Par conséquent si le système de pensée qui occupe notre pensée est erroné, nous construirons une réalité erronée. Une réalité où la Torah ne me concerne pas et où D-ieu est absent, une réalité où l’argent est roi, une réalité où je ne vaux pas grand-chose etc…

Au lieu de croire que la réalité est objective, il faut savoir qu’elle n’est que le fruit de nos pensées, parlez avec dix personnes ayant assisté au même évènement, ils en auront tous eu une perception différente. Il nous semble alors que l’autre est de mauvaise foi alors qu’il est autant de bonne foi que nous puisque lui aussi a créé ses preuves.

Rabbi Na’hman enseigne que le combat pour la pureté et la vérité commence au niveau des pensées. Il faut beaucoup d’introspection, d’intelligence et de bonne foi pour remettre en question notre système de pensée (qu’o nous a généralement imposé) et adopter le seul qui nous connecte à la réalité authentique de la Présence Divine : celui de la Torah.

SEFER HAMIDOT : LA VUE
-L’œil ne peut voir que ce qu’on lui permet de voir. Même si un objet est en face de lui, il ne pourra le voir tant que le ciel n’aura pas donné son autorisation.
-La sanctification de la nouvelle lune améliore la vue.
-La récitation du Tikoun ‘Hatsot aussi.
-Le faux serment entraîne des douleurs aux yeux.
-Les faux dirigeants entraînent des douleurs aux yeux des gens du peuple qui les suivent.
-Lorsqu’un grand homme ressent des douleurs aux yeux, c’est parce que son enfant ou son élève a commis une faute.
-Celui qui ferme ses yeux afin de ne pas voir le mal, est sauvé des humiliations.
-Regarder l’éthrog est propice à la réparation de la vue.

26 réponses à “La Parasha de la semaine : Chéla’h Lékha”

  1. Marcoroz dit :

    Très belle parasha, riche d’enseignements et de pistes de réflexion !

    Je repense au Rav Benchetrit, parlant des Israélites qui attendent le verdict des explorateurs : “Ton père y t’fait un cadeau, et toi, t’envoies un expert ? Mais ça veut dire que le cadeau, t’en veux pas !”

  2. Marcoroz dit :

    Je repense aussi à cette anecdote :

    Aux Etats-Unis, on avait projeté un petit film de deux minutes devant des policiers.

    On y voit un pont, une voiture qui s’y arrête, puis une deuxième voiture qui arrive et qui s’arrête. Des types descendent des voitures, échangent quelques mots, quelques gestes, remontent dans les voitures et les voitures repartent.

    Ensuite, chacun des policiers doit répondre à un questionnaire : quelle était la couleur de la première voiture, combien de personnes en sont descendues, quelle était la couleur de la deuxième voiture, etc.

    Les réponses sont toutes différentes…

  3. c.rahamim dit :

    Et celui qui louche? Pourquoi???
    Le cyclope qui etait un grand homme a eu tres mal a l’oeil et a cause de personne!
    Mais ca c’est pour rire evidemment.

  4. Esther dit :

    C’est une des paracha que j’aime le plus– Je trouve toujours des enseignements a mettre en application dans la meme semaine de la paracha qui lui correspond; c’est magique!!!

  5. yéhoudi dit :

    toujours la part à chat !!

    marek fait la tronche…il attend la part hamster

  6. Esther dit :

    lolll!! eclat de rire !!!au fait, remis de son divorce avec Scania??

  7. Moshé Siksik dit :

    Bien la paracha de la semaine. J’ai le cerveau en ébullition maintenant, c’est malin !

    Euh une question aux personnes qui me liront : quelqu’un a t-il un lien avec Tlemcen parmis vous (qui y a vécu) ? En effet, il se trouve que j’aurais éventuellement deux trois questions à poser. C’est que je retrace l’histoire de ma famille ! et c’est pas simple, entre Siksik et Benchetrit… C’est qu’on est nombreux !

  8. Esther dit :

    il y a une association de juifs d’algerie en Israel– laisse moi chercher leurs coordonnees et tu leur demandes il y a pleins de gens de Tlemcen qui en font partie.

  9. Moshé Siksik dit :

    Todda. En effet, ma difficulté réside dans le fait que mon patronyme est assez courant. Et c’est pas facile, les arabes ont comment dire… effacées nombres de traces.

  10. xxx dit :

    SICSIK ou SIKSIK : “de Ksiksu, cours d’eau du Maroc dans la région de Boujad, près de Marrakech.”

  11. Esther dit :

    l’eau efface les traces….

  12. Moshé Siksik dit :

    Merci XXX, ça je le savais. Dans ma famille (au sens trés large) on retrouve des SIKSIK des BENCHETRIT des SIKSOU et pour finir des CHARBIT. C’est aussi hard que de s’appeler Durand marié avec une dupont cousin de Desjardin.

  13. xxx dit :

    alors bonnes recherches

  14. Marcoroz dit :

    Dans ton lexique, XXX, Siksik suit Ksiksu.

    Pour des cours de phonétique, c’est un bon exercice…

  15. Moshé Siksik dit :

    Merci ! Bon je vais partir. Petit lien shabbat shalom :

    http://fr.youtube.com/watch?v=ZaIviASmllI

  16. c.rahamim dit :

    Siksou, c’est l’oncle de Donald Duck, celui qui a une baignoire pleine de louis d’or.

  17. Marcoroz dit :

    Mais non, c’est Picsou !

  18. Esther dit :

    Donald Duck, Oncle Picsou , Prof Tournesol genial!

  19. Esther dit :

    Tom & Jerry hilarant! les mecs qui trouvent les idees des gags sont des genies!

  20. c.rahamim dit :

    Ben Marco, je le sais bien que c’est Picsou! Mais Siksou- je n’ai pu me retenir!

  21. Esther dit :

    Mais Marco sait que tu savais..:-)

  22. Marcoroz dit :

    Je sais que tu sais ce que je sais, mais sais-tu que je sais que tu le sais ?

  23. grandpas dit :

    Celui qui dit, je sais quand il sait ,est un homme sage!

    Celui qui dit, je ne sais pas quand il ne sait pas, est un homme deux fois sage

    Cekui qui dit, je sais quand il ne sait pas, est un futur politique!

    Celui qui dit, je ne sais pas quand il sait, est le futur de celui du dessus.

  24. grandpas dit :

    Celui qui dit, je sais quand il sait ,est un homme sage!

    Celui qui dit, je ne sais pas quand il ne sait pas, est un homme deux fois sage

    Cekui qui dit, je sais quand il ne sait pas, est un futur politique!

    Celui qui dit, je ne sais pas quand il sait, est le futur opposant de celui du dessus.

    Grandpas t’ en a pas assez d’ écrire des niaiseries , ben non faut croire car moi je sais que je ne sais pas ce que le savoir n’ a pas su me faire savoir tout en le sachant.

  25. Esther dit :

    c’est celui qui dit qui est!!!! ;-)

  26. Marcoroz dit :

    Et comme disent les menuisiers, celui qui scie, c’est celui qui sait !

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