Olmert, ou les délices empoisonnés du pouvoir illégitime
Un excellent texte de Simon Frajdenrajch, paru sur le site de la Ligue de Défense Juive, et envoyé par Shinchan (merci m’sieur) :
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La lettre du CRIF du 3 janvier nous informe de cet entretien avec Richard Prasquier : Beilin : je suis en accord avec Olmert « Yossi Beilin, dont le nom reste attaché aux accords d’Oslo de 1993, aux pourparlers de Taba en 2001 et à l’initiative de Genève en 2003, se retrouve dans les positions actuelles d’Ehoud Olmert ». C’est ce qu’a indiqué le député du Meretz à Richard Prasquier, qu’il a rencontré, il y a quelques jours en Israël. « Nous assumons un rôle de guide, de boussole, de phare, et aujourd’hui le gouvernement parle de l’initiative de Genève », a déclaré publiquement Yossi Beilin.
Cette information est à rapprocher des propos tenus par Eh’ud Olmert dans un entretien à l’hebdomadaire L’Express quelques semaines après la mise en place de la « commission Winograd », enquêtant sur les lacunes des échelons politiques et militaires pendant la « Deuxième Guerre du Liban ». Ehud Olmert, avec aplomb, énonçait : « Je suis indestructible ». Le même Ehud Olmert est à l’origine de l’évacuation de la bande de Gaza : il s’en est vanté après la disparition de la scène politique d’Ariel Sharon en janvier 2005. Non content des résultats désastreux de cette évacuation volontaire en août 2005, que le Hamas a revendiquée immédiatement comme une victoire sur « l’occupant sioniste », il s’est engagé dans son programme politique à se retirer de Judée et de Samarie, et de la partie arabe de Jérusalem.
De la même façon à l’été 2000, le Hezbollah libanais avait revendiqué la victoire de la « Résistance libanaise sur l’occupant sioniste », lors du repli sans gloire de Tsahal du Sud Liban, sur l’ordre du Premier Ministre d’Israël d’alors, Eh’ud Barak.
Cela fait beaucoup de « Eh’ud » à l’origine de ces abandons désastreux. Eh’ud partage la même racine hébraïque que « Eh’ad », l’unique, le Un : est-ce pour signifier que leurs mères les avait élevés en enfants uniques qu’elles leur avait choisi ce prénom ?Â
Après le désastre de la « Deuxième Guerre du Liban » à l’été 2006, la non victoire d’Israël contre le Hezbollah valait défaite selon les analystes militaires les mieux intentionnés - cf. l’excellent article de V. Chemla « Les réorientations de Tsahal depuis l’été 2006 » de Pierre Razoux à l’URL : http://www.guysen.com/articles.php ?sid=6546 - Ehud Olmert a pratiqué toutes les manœuvres de retardement possibles pour différer la publication du rapport Winograd. Comme celui-ci va paraître incessamment, Olmert se permet sans vergogne d’accuser l’échelon militaire, l’ancien chef d’Etat Major Général Dan H’aloutz ayant déjà démissionné, et l’incapable ministre de la Défense d’alors, Amir Peretz, ayant regagné les pénates qu’il n’aurait jamais dû quitter.
L’échelon politique, qui demeure dans la démocratie israélienne le niveau suprême où Tsahal prend ses ordres, se décharge de toute responsabilité. Cette esquive soulève l’indignation dans tout le spectre politique d’Israël : … « De plus en plus de voix s’élèvent pour demander la démission du Premier ministre Ehoud Olmert, à la suite de la publication du rapport de la commission des affaires étrangères et de la défense sur la guerre du Liban. Le président du groupe parlementaire Likoud Guidon Saar a appelé les députés à œuvrer pour obtenir la démission du Premier ministre. « Lorsqu’un Premier ministre se décharge de toute responsabilité et de toute norme morale, il ne peut rester à son poste », a déclaré M. Saar. (Guysen.International.News / 31 décembre 2007) »… …« La responsabilité de la gestion de la guerre incombe au gouvernement », a déclaré lundi Ehoud Barak, en réaction au rapport publié par la commission parlementaire des affaires étrangères et de la défense »… ( Guysen.International.News / 31 décembre 2007 ) … « Benyamin Netanyahou appelle Ehoud Olmert à assumer l’échec de la Seconde guerre du Liban. Le chef de l’opposition interviewé sur les ondes de Galei Tsahal, a déclaré : ’’Il est intolérable que les critiques ne visent que l’armée et épargnent l’échelon politique’’. Selon lui, en restant au pouvoir, ’’le Premier ministre transmet le message dangereux que l’échec ne se paie pas.’’ ( Guysen.International.News)Â
Olmert est un habile politicard : affamé de pouvoir, corrompu patenté, il est épargné par la justice et la presse pour conformisme au « politiquement correct de Gauche. Déconsidéré par l’électorat israélien, il fut élu en mars 2005 à une courte minorité de 29 %. Le parti « Kadima » est l’héritage du chef charismatique qu’était Ariel Sharon, dans le coma depuis le 5 janvier précédent. Olmert reste capable de rassembler pour l’instant, sur son arche fragile, les travaillistes d’Ehud Barak, le Parti National Religieux (Shas), la Droite dure d’Avigdor Lieberman, chef d’Israël Béteinou, et d’autres petits partis – dont celui des retraités ( ?! ) - qui font un assemblage hétéroclite et brinquebalant. Le gouvernement israélien est l’illustration caricaturale de ce « régime des partis » qui fit les délices de la IVème République en France. Mais la France n’avait pas d’ennemis jurés dans les années 50, et pouvait se permettre une instabilité politique chronique. En Israël, ce n’est pas le cas, et le personnel politique, prêt à vendre ses engagements politiques pour un plat de lentilles au pouvoir, est d’une rare médiocrité de l’avis de Gilles William Goldnadel, président de l’association « France-Israël ». Cette médiocrité est probablement liée au régime des partis où la Knesset, l’Assemblée Nationale, est élue à la proportionnelle intégrale, obligeant à des coalitions contre nature.
Mais l’arrogance d’Ehud Olmert ne s’arrête pas là . Ainsi, il s’est permis cette remarque sur le système d’enseignement en Israël : …« Ehoud Olmert crée le scandale en affirmant que : « seul un Juif laïc peut se préoccuper du système éducatif orthodoxe ». Lors d’un débat mercredi à la Knesset sur la crise de l’enseignement, le Premier ministre a ajouté à l’adresse du député orthodoxe Yaacov Litzman : ’’Si on vous laissait gérer l’éducation orthodoxe, vous la détruiriez en vous portant atteinte mutuellement’’. Selon lui, il aurait plus contribué au système éducatif orthodoxe que les orthodoxes eux-mêmes.Â
Les parlementaires orthodoxes de Yahdout Hatorah n’ont pas tardé à rétorquer que M. Olmert ’’n’en est pas à son premier mensonge’’ et qu’’’il n’y a ni drogue ni violence’’ dans les écoles du système indépendant. ’’Cela aussi ils veulent le détruire ?’’, s’est interrogé M. Litzman ». ( Guysen.International.News / 3 janvier 2008)Â
Les dirigeants israéliens qui se rendent à Genève, comme ceux qui allèrent à Oslo dans les années précédant les « Accords d’Oslo », et ceux qui ont un abonnement sur la ligne Lod – Washington, adorent l’accueil qui leur est fait. Eblouis par la poudre aux yeux qu’on leur lance, ces dirigeants sont prêts à vendre leur âme au diable, et à jeter aux orties les principes d’airain qui ont rendu efficace la dissuasion d’Israël, et assuré la sécurité de ses citoyens. Le principe du refus de négociation avec des terroristes évite d’alimenter la pompe sans fin de la répétition d’actes d’enlèvements, de détournements d’avions, d’assassinats de civils et de soldats.
…« Qu’ils soient de droite ou de gauche, les Israéliens ne manquent pas d’établir un lien clair entre l’attentat du 28 décembre et les dernières largesses du gouvernement d’Ehoud Olmert accordées à l’Autorité palestinienne, c’est-à -dire la libération de prisonniers palestiniens et les livraisons d’armes au Fatah effectuées ces derniers jours, utilisées à des fins terroristes »…(Guysen News)
Avec une franchise inexplicable en apparence, Olmert dévoile ses intentions à l’égard des Palestiniens. Dans un entretien accordé en ce début d’année au ’Jerusalem Post’ Olmert s’interroge : « Israël reviendra-t-il aux frontières de 1967 ? Le Premier ministre a indiqué que même les plus grands partisans d’Israël à travers le monde comprennent que l’avenir de l’Etat juif se fonde sur les frontières de 1967 et la partition de Jérusalem. Israël doit intégrer cette idée »… Ajoutant que : « avec les présidents Bush aux USA, Sarkozy en France, la chancelière Merkel en Allemagne, Gordon Brown en GB, et Tony Blair comme délégué du Quartet, la conjoncture politique internationale était un quasi miracle, une chance qui ne se représenterait peut-être jamais…Il a toutefois ajouté qu’il n’aspirait pas à conclure un accord avec les Palestiniens sur les frontières de 1967 »…
Mais si la conjoncture est si brillante, pauvre Olmert, pourquoi ne pas la saisir pour faire valoir les droits légitimes d’Israël à sa sécurité ? En exigeant que les gestes de bonne volonté viennent aussi de l’Autorité Palestinienne et de Mahmoud Abbas, qui tel un crocodile insatiable, avale les morceaux qu’on lui jette, sans jamais rien offrir en échange. Comme l’expérience nous l’a appris, ce qui est proposé aux Palestiniens dans le cadre de négociations de paix, ils le considèrent comme un acquis définitif, quels que soient leur comportement ultérieur et le non-respect de leurs engagements. Ainsi… « Le président de l’AP, Abou Mazen, a déclaré : ’’Nous ne renoncerons à aucun de nos principes, jusqu’à la création d’un Etat palestinien dont la capitale sera Jérusalem, jusqu’au retour des réfugiés palestiniens et la libération des prisonniers’’. Abou Mazen a tenu ce lundi ces propos à Ramallah, lors d’une cérémonie marquant les 43 ans du Fatah( Guysen.International.News / 31 déc 2007 ) »… Aussi, pourquoi un politicard aussi retors et malin qu’Ehud Olmert dévoile-t-il ainsi son jeu, avant le début de partie ? Alors que son adversaire, car Mahmoud Abbas n’est pas un « partenaire de paix », mais bien un adversaire, voire un ennemi juré, répète comme un perroquet transformé en bulldozer les objectifs du Fatah, résolu a la destruction finale de l’Etat juif.
Serait-ce pour assurer la paix en Israël dans des frontières sûres et reconnues, en vivant côte à côte avec un Etat palestinien démocratique ? Balivernes que cela, et Olmert le sait pertinemment.
Issu du Likoud, donc de la Droite israélienne réputée intransigeante sur la sécurité et les frontières d’Israël, Eh’ud Olmert est passé avec son mentor Ariel Sharon au centre, en créant « Kadima ». Il s’est emparé du pouvoir de façon illégitime, dans la foulée de l’attaque vasculaire de son maître.
Les Israéliens avaient confiance en Ariel Sharon, malgré sa corruption reconnue, car c’était un stratège militaire génial capable de les défendre efficacement, comparable à Clémenceau et de Gaulle dans ce qu’ils avaient de meilleur. Olmert a prouvé qu’il n’est qu’un nain politique mesquin, accroché au pouvoir comme à une bouée de sauvetage, un intrigant comparable à Mitterrand ou Chirac dans ce qu’ils avaient de pire.
Olmert devrait se souvenir de l’adage romain : « La roche tarpéïenne est proche du Capitole ». Si la peine capitale est heureusement abolie en Israël, il mérite cependant de passer à la trappe.
Pour le bien du sionisme, rendez à Israël des dirigeants dignes des pères fondateurs, visionnaires et incorruptibles, comme le furent Ben Gourion et Menah’em Begin. |

6 janvier 2008 at 8:50
Bonjour … Où trouver des gens aussi volontaires que furent Ben Gourion et Menah’em Begin ? vous pensez qu ‘il en existe encore …. parceque là , Olmert enfonce le clou pour la déchéance du pays….
6 janvier 2008 at 12:11
le peuple d’israel est en train de se suicider à l’aide d’une corde qui s’appelle… olmert.
6 janvier 2008 at 12:32
Stéphane bonjour !! avec un flingue il irait plus vite …Olmert