La Parasha de la semaine : Vaera

Chiourim.org ne voulant pas que Houmous reprenne les dvar Torah qui sont sur son site, on arrête avec eux. Par contre, comme quoi, tout s’arrange toujours très vite, Mikaël, un ami Breslev, me propose de reprendre les cours du Rav Eliahou ‘Haviv, selon les enseignements de Rabi Na’hman.
Le premier de ces cours, donc, sur le LIBRE ARBITRE :

La Torah est déroutante !

D’un côté elle s’empresse d’affirmer que tout, absolument tout, relève de la volonté divine. Le petit brin d’herbe ballotté par le vent sur une distance de quelques millimètres, les mouvements de la feuille d’automne, tout a un sens qui, même s’il nous échappe, procède de ce fameux adage qui fait parfois grincer les dents : tout est la volonté de Dieu.

D’un autre côté, cette même Torah passe son temps à insister sur la conséquence de mes actes, comme si tout dépendait de moi. Les malheurs du monde proviennent de mes fautes et je suis responsable de tout ce qui m’arrive, bien comme mal. J’ai un libre arbitre.

Mais si j’ai un libre arbitre, tout n’est pas la volonté de Dieu car si tout était la volonté de Dieu je n’aurais pas de libre arbitre. Après tout, la faute du premier homme était voulue par Dieu puisque tout est Sa volonté. Alors pourquoi a-t-il été puni ? C’est une histoire de fou.

Certains pensent que la grandeur de Dieu réside justement dans le fait qu’Il dirige et contrôle tout les univers, du macrocosme intergalactique au microcosme de ma vie quotidienne. D’autres retrouvent cette grandeur dans le fait qu’Il a su se retirer pour nous faire exister et a remit entre nos mains la responsabilité du monde. Encore une fois ces deux notions s’opposent.

N’ayons pas peur de le dire, la véritable grandeur de Dieu ne se situe pas dans Son omniprésence ni dans Son absence mais plutôt dans le fait qu’Il a su créer un système qui concilie l’inconciliable. Un système ou tout, absolument tout, relève de Sa volonté et ou, en même temps, j’ai une pleine responsabilité d’homme libre. Rabbi Na’hman enseigne que ces deux principes sont vrais en même temps et que ceci est impossible à comprendre (Likoutey Moharan 64 tome1).

Et Rabbi Nathan son élève commente cet enseignement en disant que c’est la raison pour laquelle on ne mélange pas le lait et la viande…

Encore une histoire de fou ? Peut-être pas si on considère que Dieu a placé des messages partout. Examinons d’abord la viande : c’est une denrée qui nécessite de nombreuses rectifications avant d’être consommée. Vérifier que la bête n’ait pas de défauts extérieurs avant l’abattage rituel qui nécessite une préparation complexe de la lame du couteau ainsi qu’un geste impeccable du cho’het. Ensuite un travail au niveau des entrailles, contrôler l’état des poumons et retirer le nerf sciatique (c’est un métier en soi). Rincer, saler, re-rincer et enfin cuire le morceau choisi sachant que la viande est l’aliment qui demande généralement la plus longue cuisson.. A l’inverse le lait est immédiatement prêt à la consommation, il suffit de l’extraire.

La nature antinomique de ces deux aliments est une expression directe de notre question initiale. La viande recèle le secret de l’effort humain, ce n’est pas un hasard si elle est recommandée à ceux qui ont besoin d’énergie. Elle caractérise le fait que l’être humain est venu sur terre pour accomplir quelque chose et qu’il a la responsabilité de son devenir en particulier et de celui du monde en général. En d’autres termes tout dépend de l’homme.

En revanche le lait exprime le message suivant : tout vient de Dieu, tout est Sa volonté et nos efforts n’y pourront rien changer. C’est une donnée de base qui nous est enseignée depuis la naissance, quand le nouveau-né reçoit gratuitement sa subsistance d’un sein maternel qui a lui-même reçu son lait sans aucun effort. Ici on voit que tout dépend de Dieu.

Et c’est la raison pour laquelle on ne mélange pas le lait et la viande, c’est-à-dire qu’on n’essaye pas de donner une solution intellectuelle à cette contradiction qui se trouve à la source de la création : Dieu est partout mais Il s’est retiré, tout dépend de Lui mais tout dépend aussi de moi. Essayer de donner une solution à cette contradiction revient automatiquement à créer un système de pensée erroné. Un système qui penchera, en fonction de nos intérêts personnels, soit vers une déresponsabilisation (car tout dépend de Dieu), soit vers une prise orgueilleuse de pouvoir (car tout dépend de moi). Ces deux erreurs laissent invariablement la porte ouverte aux problèmes individuels et collectifs de l’humanité.

Le premier homme en fit la triste expérience quand il décida de devenir maître de son destin et de manger sans attendre chabat, le fruit de la connaissance. Il avait décidé que tout dépend de l’homme. Son fils Caïn fit l’erreur inverse. Lorsqu’il tua son frère Abel et que Dieu lui demanda où se trouvait ce dernier, Caïn répondit qu’il n’était pas le gardien de son frère. Son argumentation était subtile : je voulais tuer Abel et je savais que si telle n’était pas Ta volonté je n’y arriverais pas. Par contre si j’y suis arrivé c’est parce que Toi-même Tu le désirais car tout dépend de Toi, alors ne me le reproche pas car je n’ai fait que Ta volonté.

Et nous ? En ce qui nous concerne on peut dire que la progression spirituelle est le fruit d’un ajustement constant entre ces deux erreurs. Parfois on peut mettre trop de pression sur ses épaules et parfois délaisser ses responsabilités, même sous couvert de spiritualité. La solution consiste à accepter que les deux principes soient vrais en même temps. On peut le vivre et ceci nous est démontré par le fait que la bête qui nous fournit sa viande est aussi celle qui nous fournit son lait, mais elle ne les mélange pas.

Question : pourquoi est-il permis de manger de la viande, moyennant un rinçage buccal, immédiatement après avoir bu du lait alors qu’il faille attendre six heures après la consommation de viande pour boire du lait ?

En utilisant les clefs précédemment citées on obtient la réponse suivante. Si on boit du lait en premier, c’est-à-dire si on place comme information prioritaire que tout vienne de Dieu, alors on peut consommer de la viande immédiatement après, c’est-à-dire qu’il est possible d’affronter sereinement le monde de l’effort personnel sans tomber dans le piège de l’orgueil. Mais si on consomme d’abord la viande, en d’autres termes si notre manière de penser est tournée prioritairement vers le principe du « tout dépend de moi », alors on devra attendre six heures. Ces six heures correspondent aux 6000 ans de l’histoire, à l’exil, aux problèmes de la vie.

Être juif c’est décidément illogique. C’est savoir que tout dépend de moi et que rien ne dépend de moi. Seule la foi, qui est la qualité qui consiste à surmonter les contradictions, permet de vivre en même temps ces deux idées sans tomber dans la déresponsabilisation stérile ni dans l’orgueil destructeur. Accepter que ces deux notions soient vraies en même temps c’est rentrer dans le monde de la sérénité, celui où D-ieu existe à part entière et où l’être humain existe aussi à part entière.

SEFER HAMIDOT : PA’HAD – LA PEUR
       
-          La peur entraine l’échec.
-          Un remède pour évacuer la peur : se souvenir d’Avraham avinou.
-          Donner la charité enlève la peur.
-          La peur enlève l’orgueil.
-          Celui qui ne fait pas attention à la récitation des bénédictions initiales et finales sera attaqué par les peurs.
-          Grâce à la vérité, on est sauvé des peurs nocturnes.
-          Les flatteries entraînent la peur.
-          Quand les juifs sont unis, les nations les craignent.
-          L’étude de la Torah à table pendant le repas, sauve de la peur.

25 réponses à “La Parasha de la semaine : Vaera”

  1. Esther dit :

    “C’est savoir que tout dépend de moi et que rien ne dépend de moi. Seule la foi, qui est la qualité qui consiste à surmonter les contradictions, permet de vivre en même temps ces deux idées sans tomber dans la déresponsabilisation stérile ni dans l’orgueil destructeur. Accepter que ces deux notions soient vraies en même temps c’est rentrer dans le monde de la sérénité, celui où D-ieu existe à part entière et où l’être humain existe aussi à part entière.”
    a integrer, a apprendre, ces 2 phrases sont essentielles,elles sont le fondement meme de tout projet humain, elles sont la verite pure!

  2. אלי dit :

    Admin : LOLLLLL

  3. אלי dit :

    si vous avez la reponse, je suis preneur…. j’ai rendu fou toute la Syna ce Shabat avec…
    systematiquement, on nous a (de maniere generale) toujours enseigner que lorsque Moshé et Aaron se sont rendus chez Pharaon, D. a donner l’ordre a Moshé de dire a Aaron de jetter son baton a terre et que celui-ci s’est transformer en serpent…
    jusque la tout va bien on est daccord…
    lorsque l’on prend la Torah traduite en francais, on se rend bien compte aussi que c’est ecrit serpent.
    jusque la tout va bien aussi me direz vous…
    cependant, le texte original en hebreu, ne fait pas etat de serpent mais bien de Tanin (crocodile) alors que le terme serpent apparait lorsque D. donne l’ordre a Moshé de se rendre chez pharaon le lendemain matin…
    conclusion : comment interpreter le mot Tanin si celui-ci ne correspond pas a un serpent ???
    Rashi nous donne une explication qui signifie que Tanin = Narash, mais alors si c’est le cas, pourquoi deux mots differents pour une meme finalité ?
    donc…. Crocodile ou Serpent ????

  4. c.rahamim dit :

    Eli,
    J’ai consulte mon tana’h, et le mot “tanin” y est repete au singulier et au pluriel. Meme les magiciens egyptiens ont fait un tour de passe-passe et transforme des batons en crocodiles, mais le crocodile de Moshe a bouffe les crocodiles des egyptiens. Donc un crocodile qui bouffe des crocodiles doit forcement etre un serpent.
    Mais plus serieusement, c’est peut-etre que dans certaines contrees ou les missionnaires chretiens portaient la bonne parole, on ne savait pas ce qu’est un crocodile, alors ils ont traduit serpent.

  5. אלי dit :

    c.rahamim : erreur…. ce n’est pas le Tanin qui a manger ceux des egyptiens, mais lorsqu’il est redevenu baton…. ce n’est qu’en etant baton qu’il a manger les batons des egyptiens….
    pour le probleme de traduction, on doit tout de meme rappeler que les faits se sont passés en egypte et que le nil regorge de crocodiles… donc…

    desolé toujours pas resolu… merci quand meme d’avoir repondu… :-)

    suivant …? ;-)

  6. c.rahamim dit :

    Ben s’il a bouffe les crocodile des Egyptiens en etant baton, il a du ressembler serieusement a un serpent.

  7. c.rahamim dit :

    C’est ce qu’on appelle manger avec des baguettes (magiques?).

  8. אלי dit :

    LOLLLLL nan… il est expliqué que le baton de Moshé a manger les batons des egyptiens, c’est ce qui a ‘’effrayé'’ pharaon sur le moment….

    blague a part…. ca resoud pas le probleme…. pourquoi parles t’on de crocodiles ??? c’est pour moi un fait nouveau, j’ai toujours appris qu’il s’agissait de serpent et pas de croco….

  9. c.rahamim dit :

    Oui mais le serpent c’est une traduction.
    Le crocodile c’est l’original.
    Comme St Jean d’Acre. Tu prends le mot עכו , il suffit d’allonger un peu la tete du vav, t’as un resh et ca fait Acre a la place d’Akko.
    Il est aussi possible que le traducteur de la bible ait employe le latin, et a dit “reptile” (rampant) serpens, ce qui a plus tard derive en serpent.

  10. אלי dit :

    entierement daccord avec toi sur le principe, mais dans ce cas, pourquoi a la syna tout le monde donne comme explication : c’est le meme mot.
    comme le soutien Rashi…. alors que ce mot a a priori une signification tout autre, sinon pourquoi preciser lors du Rdv le lendemain entre pharaon et Moshé le mot serpent et non tanin .????
    idem pour Bereshit, on parle de serpent, alors qu’a priori on aurait dut employer le mot tanin qui est plus proche de ca a quoi ressemblai le serpent avant qu’il ne fasse faire la faute a Eve….

    :-)

  11. c.rahamim dit :

    Bon alors je viens de comprendre: le baton etait un serpent seche.

  12. c.rahamim dit :

    Au fait, le serpent avant d’etre puni pour avoir convaincu Eve de bouffer le fruit defendu, c’etait un crocodile… Sa punition est d’etre devenu serpent.
    Les serpents sont les descendants d’un crocodile malfaisant, et les crocodiles sont des serpents qui ont promis de ne pas faire de pub pour les fruits.

  13. Esther dit :

    @Rahamim faux autrement tous les crocodiles seraient devenus des serpents et , il n’y aurait plus de crocodiles-

  14. c.rahamim dit :

    Mais Esther, tu sais bien que deux realites contradictoires peuvent exister ensemble!!! Comme “tout depend de moi et rien ne depend de moi”, alors un serpent peu etre un crocodile et s’il est bon en affaire il peut faire un bon croco-deal!

  15. אלי dit :

    c.rahamim : daccord avec toi sur le principe du serpent puni pour avoir fait fauté EVE, mais si tu relis bien la Parasha BERECHIT, c’est bien le mot NARASH qui y est ecrit et non comme dans VAERA le mot TANIN…. d’ou tout le probleme… donc fatalement vu la difference, TANIN ne peux pas etre un serpent, sinon il serait decrit NARASH comme dans BERECHIT (dixit le serpent a pattes)…. mais comme je te le dit precedement, le plus troublant est que le lendemain lorsque Moshé va a la rencontre de pharaon le baton se transforme bien en NARASH comme c’est ecrit et plus en TANIN….

    donc ??

  16. Esther dit :

    Eli, MON GRAND

  17. Esther dit :

    je reprends ca a saute donc Eli MON GRAND

  18. grandpas dit :

    Esther ma grande as tu reçu mon mail avec les articles de primo europe.

  19. Esther dit :

    c’est incroyable le texte ne passe pas …
    je vais reessayer Eli bon t’as compris que c’etait pour toi!!!du moins je l’espere j’ai envoye ta question a un pote qui s’y connait grave sur la animaux dans le tanah des que je recois sa reponse je te la fais suivre

  20. Esther dit :

    Grandpas bonjour! non je n’ao pas recu ton mail mais j’irais sur le site merci MON GRAND pas!

  21. grandpas dit :

    Je viens de t’ en envoyer un autre, ta boîte mail n’ est elle pas trop pleine car parfois le message me parvient comme non lu ou non reçu.

  22. c.rahamim dit :

    @eli, j’ai trouve ca pour toi et tes reptiles, figure-toi qu’il y a aussi une baleine dans l’histoire (peut-etre les bas qui vont avec le reste):
    www.yeshiva.org.il/midrash/shiur.asp?id=5227

  23. אלי dit :

    ok mais ca donne pas l’explication… regarde a la fin en bas de page ce qui y est marqué… : ניתן להציע הסבר אחד לכל ההופעות הללו
    en plus il y a j’en suis sur des miliers de controverses sur le jeux de mot… mais si les mots definissent la taille du serpent, alors en ce qui concerne le TANIN il doit etre tres largement plus grand que celui de la creation qui lui avait des pates puisque qu’il est defini comme NARASH…
    trop flou….

  24. c.rahamim dit :

    Mais c’est ca qui est beau, o Eli, le flou! Le pharaon etait hypermetrope et Moshe etait myope, pas de focus, image floue. Tu sais bien que D. veut tout nous dire et ne rien nous dire. Alors il nous fait des flous, des flou-o-anciens et des flou-0-recents. De la creation du monde jusqu’a la venue du Messie, flou!

  25. Mikaël dit :

    1/ Quelqu’un a été cherché dans Mikrat guedolot les commentaires de Siphté ‘hahamim ? (je n’ai pas encore vu).

    2/ Si Rachi nous rapporte que Tanin = “Serpent” et non “crocodile” çà devrait nous suffire comme réponse non ? (puisque Rachi vient répondre à nos questions).

    3/ Maintenant, pourquoi 2 termes différents ? Rav Chalom Zaoui a soumis l’idée (qui est la sienne) que peut-être faut-il lire TANIN de lachon TENAN ou DéTANé ou TANA, dont la racine veut dire ENSEIGNEMENT-ENSEIGNER. La première fois qu’Hachem donne l’ordre à Moshé de jeter le bâton, c’est une première démonstration tel un ENSEIGNEMENT (donc TANIN), ensuite Moshé connait l’enseignement, il sait donc que le bâton se transformera en serpent.

Laisser un commentaire