La France et les Etats-Unis, un univers de différences
Je reçois toujours avec plaisir les mails de la Mena (www.menapress.com), et encore une fois, je découvre ce soir un texte impeccable, implacable, malheureusement si vrai.
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France ou l’intolérable scléroseÂ
Par Guy Millière © Metula News AgencyÂ
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Une fois de plus, confronté à trop d’inepties, d’asphyxies, d’étroitesses en France, j’ai pris l’avion pour me rendre de l’autre côté de l’Atlantique. Ce n’est pas que ce soit parfait aux Etats-Unis, je l’ai déjà admis à diverses reprises, mais cela reste un bon exutoire. C’est “moins mal”, et par les temps pestilentiels qui courent, on ne peut pas faire la fine bouche.Â
Lors d’une brève halte à Washington, j’ai pu humer en direct les relents de la récente défaite des républicains aux élections de mi-mandat en novembre dernier. Le rapport Baker vient d’être publié. S’il a été reçu, en France, avec enthousiasme et comme un signe supplémentaire de la fin de l’ère Bush par l’essentiel des grands médias, l’accueil ici est bien plus nuancé. Un ami, journaliste au Weekly Standard, émet même l’hypothèse que Bush a laissé Baker parler amplement de façon à saper la position de ceux qui penseraient « réaliste » de se retirer d’Irak hâtivement et d’entamer un dialogue avec la Syrie d’Assad et l’Iran d’Ahmadinejad. Charles Krauthammer développe quant à lui, dans le Washington Post, une position proche : « le rapport si longtemps attendu s’est révélé avoir des allures de farce » et « donne de facto à Bush l’occasion de rectifier le tir et d’avancer vers davantage d’efficacité ». Frederick Kagan et Jack Keane ont fait des propositions en ce sens, qui ont été très positivement accueillies à la Maison Blanche et publiées par l’American Enterprise Institute sous un titre évocateur : « Choosing Victory », choisir la victoire.Â
Norman Podhoretz me l’avait confirmé récemment : « la doctrine Bush n’est pas morte, non. Seuls pensent le contraire ceux qui ont toujours douté de ce président. Si les islamistes étaient persuadés que la doctrine Bush est morte, ils ne se battraient pas contre elle avec autant de vigueur ».Â
L’élément qui a le plus séduit en Europe, dans le rapport Baker, a été, au-delà d’une tonalité générale de cynisme et d’apaisement, la façon dont il incriminait Israël et tentait de refaire du conflit israélo-arabe le nÅ“ud gordien de toutes les difficultés occidentales au Proche-Orient : cet élément fait très précisément partie de ceux qui, à Washington et ailleurs aux Etats-Unis, ont valu au rapport Baker les critiques les plus acerbes.Â
Si en Europe, comme le montrent les sondages, Israël et les Etats-Unis apparaissent à l’opinion publique comme les « pays les plus dangereux pour la paix mondiale », aux Etats-Unis, ce sont l’Iran et la Corée du Nord qui viennent en tête de liste. A en croire ce que m’a dit récemment un étudiant français particulièrement cuistre à la fin de l’un de mes cours, c’est « parce que les Américains sont très mal informés ! ». Friand de cette « très mauvaise information », j’ai tout de même emporté avec moi quatre quotidiens et trois magazines locaux sur le vol qui m’emmenait de Washington à Miami.Â
Dans le hall de mon hôtel, sur Collins Avenue, j’ai pu admirer un sapin de Noël, une crèche et, à proximité, un grand chandelier à neuf branches et une étoile de David, sous laquelle il était écrit « Joyeux Hanoukah ». Cette vision n’avait rien de surprenant aux USA : j’avais déjà croisé ce genre de décor dans les aéroports de Washington et de Miami. Je devais les retrouver un peu plus tard dans ceux d’Orlando et de Dallas, et jusque dans l’enceinte de Disneyworld.Â
Ben Stein notait, dans le numéro de décembre de The American Spectator, que les Etats-Unis étaient la seule société véritablement judéo-chrétienne sur la terre et la seule à même de comprendre pleinement Israël. Et j’ai pu constater, qu’une fois de plus, il avait raison. Je pense que seuls ceux qui perçoivent cette dimension de l’Amérique peuvent aussi discerner pourquoi ce pays n’a cessé, au-delà des aléas et des vicissitudes, de constituer ce que John Winthrop, l’un des premiers arrivants, avait appelé « la lueur sur la colline ». Seuls ceux qui saisissent cette dimension des Etats-Unis peuvent ressentir le parfum de liberté si spécial qui flotte dans l’atmosphère américaine, des villes aux grandes plaines et aux déserts.Â
Miami est une ville significative sur ce plan. Elle a accueilli les réfugiés cubains, rescapés du goulag castriste, les gens chassés de toute l’Amérique latine par la violence et les dictatures (les derniers immigrants viennent du Venezuela de Chavez). Elle accueille aujourd’hui une communauté française qui ne cesse de croître, parmi laquelle on trouve souvent, plus particulièrement dans le quartier Art Déco de South Beach, lorsqu’ils ne partent pas vers Israël, des Juifs français qui quittent un pays où le pétainisme est loin d’être mort.Â
Comme me l’a dit, quelques jours plus tard, Charles Gave, financier, économiste et grand ami de la liberté : « La France a toujours chassé ses créateurs et ses élites, et elle en a toujours payé le prix ». Gave vit entre l’Amérique et Hong Kong, ne faisant que transiter par Paris. Il a publié, voici quelques mois, un petit livre limpide et lumineux, intitulé « C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution » (éditions François Bourin), aux fins d’expliquer aux Français le monde du vingt-et-unième siècle. Peu de Français l’ont compris. Ceux qui vivent au cÅ“ur des sociétés agonisantes semblent souvent sourds et aveugles à l’agonie qui s’avance : et c’est précisément cela qui rend cette agonie difficilement remédiable.Â
Charles Gave m’a entretenu d’un livre remarquable de Mark Steyn : « America Alone » (Regnery). L’auteur y décrit le suicide de l’Europe et la différence radicale qui sépare désormais celle-ci de l’Amérique. En marchant dans Miami, après le déjeuner, de multiples signes de cette différence me sautent aux yeux. L’espace y est fluide, ouvert, les gens sourient et sont courtois. Il se dégage d’eux, dans l’ensemble, une confiance sereine en l’avenir. Il existe un respect de la liberté de chacun, et en même temps une préoccupation respectueuse pour l’autre. J’ai si souvent fait des allers-retours au-dessus de l’Atlantique que je ne puis que voir à quel point tout cela est éloigné de ce qui se passe en France.Â
Je trouve à Orlando, précisément à Disneyworld, une démarcation supplémentaire entre Amérique et Europe. Je m’y rends pour mes enfants, mais je remarque, chaque fois, quelque chose de bien plus vaste : le rapport à l’enfance, à l’innocence, qui imprègne une part si importante du peuple américain. J’en suis certain, c’est parce que ce rapport n’est pas perdu en Amérique qu’il est encore possible d’y faire des rêves héroïques, d’y réinventer le monde, d’y forger de nouvelles espérances en l’être humain, d’y être choqué et indigné, toujours, par la barbarie.Â
Dès mon retour à Paris, douche froide. Devant le terminal de Roissy, l’espace est strié, compartimenté, divisé, emmuré. Les files de voitures sont séparées par des murets de béton, eux-mêmes surmontés d’un grillage serré. Dans Paris, comme dans toutes les villes de France, au nom de l’environnement, les municipalités investissent dans le ciment, dans l’acier et plantent partout des bornes, des plots, des obstacles jusqu’à saturation. L’ennemi, c’est non seulement l’automobiliste, mais aussi le piéton, qui risquerait de divaguer et de ne pas suivre la voie obligatoire et balisée qu’on lui impose.Â
Les sourires sont rares et la courtoisie le plus souvent absente, mais comment s’en étonner dans un contexte porteur d’autant de signes ostensibles d’oppression ? La confiance en l’avenir est en voie de disparition. L’opinion prédominante est que cela va mal mais que ça pourrait être pire : le spectre de la mondialisation flotte sur l’horizon et apparaît comme une menace pour le « modèle français », tellement « social » que sept millions de personnes sont considérées comme pauvres, voire indigentes, qu’il existe plus d’un million d’allocataires du RMI et plus de cinq cent mille sans abri. Mais, comme l’a dit un présentateur du journal télévisé : « c’est tellement pire ailleurs »… Le respect de l’autre et celui de la liberté sont en voie de disparition eux aussi. Le discours ambiant fait planer une culpabilisation : l’être humain pollue, l’initiative individuelle c’est le désordre, le développement détruit la planète. Comment s’étonner de la dénatalité et du vieillissement de l’Europe dans ces conditions ?Â
Charles Gave a donc essayé d’expliquer aux Français le monde du vingt-et-unième siècle, mais c’est une entreprise quasiment impossible. L’horloge de la pensée, en France, semble arrêtée à la fin du dix-neuvième siècle. Marx reste une référence. Le nationalisme et le socialisme se partagent une bonne part de l’espace politique.Â
Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times, auteur d’un livre sur la mondialisation devenu un best seller planétaire (« Le monde est plat », Saint-Simon), se situe à la gauche du parti démocrate. Il passe cependant en France pour un ultra libéral d’extrême droite, parce qu’il décrit la réalité sans emprunter les bésicles idéologiques à la mode dans le sixième arrondissement. Il est devenu impossible, à Paris, de dire qu’on défend les droits de l’homme, la liberté individuelle, la liberté d’entreprendre, le droit d’Israël de vivre en paix, le droit des Irakiens de vivre libres et le droit des populations musulmanes, en général, d’être débarrassées du totalitarisme islamique, sans passer pour un réactionnaire infréquentable. La France ressemble de plus en plus au « meilleur des mondes » décrit par Aldous Huxley. Elle a des allures d’asile d’aliénés où quiconque oserait dire autre chose que les mots du Dogme unique serait condamné à la mort intellectuelle.Â
C’est parce que cette situation me semble abominable que j’ai accepté de reprendre la direction d’un think tank. Mais le plus souvent, je suis pessimiste. Les quotidiens français sont prêts à publier, comme cela s’est fait l’été dernier, les diatribes antisémites d’un Harold Pinter ou d’un José Saramago, tandis qu’un texte rigoureux et argumenté d’un juif néo-conservateur new-yorkais sera déclaré « impubliable » et « extrémiste ».Â
Les articles concernant les Etats-Unis sont publiables pour peu qu’ils soient résolument, caricaturalement, anti-Bush. Ceux sur l’environnement sont concevables à condition qu’ils soient en rigoureuse conformité avec les thèses de Nicolas Hulot. Les discours sur le Proche-Orient sont acceptables tant qu’on n’écrit pas que la presse arabe en général, et la presse palestinienne en particulier, est digne du Sturmer sous le Troisième Reich, dès lors qu’il est question des juifs. C’est ce qu’on appelle la « liberté de parole » en France… Toute ressemblance avec les mots d’ordre décrits dans le 1984 de George Orwell serait purement fortuite, bien entendu.Â
« La liberté, c’est la servitude » ! Ne dites pas à un grand éditeur parisien qu’il vit couché sous les diktats d’une pensée asservie, il vous répondra, très sincèrement, qu’il fait son métier honnêtement. J’aimerais penser qu’il y a des exceptions, des gens aptes à discerner que la situation française est une consternante anomalie : pour l’essentiel, je cherche encore.
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27 décembre 2006 at 21:32
..et pour rester dans le ton de Guy Millière, en ce moment TF1 nous met en garde contre cette victoire des Ethiopiens alliés du régime légitimiste de Mogadiscio “..en effet les forces des Tribunaux islamiques se replient vers la capitale et les Ethiopiens les talonent, on peut craindre un bain de sang dans les prochaines heures parmi la population civile ..etc etc ” Voilà ! la messe est dite! les voyous islamistes ont trouvé a qui causer et ce ne sont pas des G’I les Ethiopiens !!la Char ia ne fait pas peur a leurs Chars T50, prés de 25000 hommes entrainés, bien équipés et surtout,une Armée et un Gouvernement sans états d’ame(suivez mon regard noir)…..ce qui fait le plus caguer les Français, du moins le gouvernement c’est ce refus de la dhimmitude et surtout que les US soutiennent et équipent les Ethiopiens…l’Organisation de l’Unité(?? ) Africaine veut s’interposer, propose sa médiation etc etc..d’accord,OK répondent les Ethiopiens, mais quand on aura fini !! Superbe!!
28 décembre 2006 at 16:32
C’est triste un monde qui s’écroule. Je parle de l’Europe trop nourrie, trop coupable, trop et mal chrétienne.
Oui oui je suis toujours juif.